C’est un fait : la perte de cheveux touche une grande partie des Français. Si certains l’acceptent et s’y résignent, les autres souffrent de cette alopécie et cherchent à la cacher ou à y remédier. Les industries pharmaceutique et cosmétique l’ont bien compris et inondent le marché de toutes sortes de produits ou lotions capillaires censés freiner la chute ou stimuler la repousse. L’Adéic a mené l’enquête.

Une simple recherche en ligne sur « perte de cheveux homme », fait apparaître de nombreux résultats sponsorisés. Une offre abondante qui cible des consommateurs souvent complexés, pour qui retrouver une chevelure devient parfois une véritable obsession. Entre produits en vente libre et traitements sur ordonnance, une question demeure : ces solutions sont-elles réellement efficaces ?

Pour certains, la réponse est oui.

S’il s’agit de maintenir la chevelure en bonne santé et de prévenir la chute des cheveux, consommer des compléments alimentaires spécial cheveux aide, à condition que ces compléments contiennent au moins 5 microgrammes pour 100 grammes ou 100 millilitres de vitamine B8 appelée aussi Biotine.

En ce qui concerne la prévention de la chute et la repousse des cheveux, le Minoxidil reste une valeur sûre. Il est efficace sur les pertes de cheveux dites androgéniques selon les autorités sanitaires européennes EFSA mais son effet s’arrête dès que le patient cesse le traitement. Les médicaments contenant du Minoxidil sont disponibles à l’achat sans ordonnance en pharmacie et sur les sites de vente en ligne de médicaments. Ils peuvent aussi être prescrits par un dermatologue mais ils ne seront de toute façon pas remboursés. Cependant, ils ne sont pas sans effets secondaires. Selon la Base de données publiques des médicaments, le Minoxidil Cooper 5 % solution pour application cutanée par exemple, peut entrainer « une irritation locale avec desquamations, (élimination des cellules mortes de la peau), des démangeaisons, un érythème (rougeur de la peau), une peau sèche, une sensation de brûlure et hypertrichose (développement anormal du système pileux à distance) ou plus rarement des réactions allergiques. »

Le Finastéride, seulement sur ordonnance, est aussi reconnu comme efficace. Selon le Vidal, « le finastéride inhibe un des processus responsables de la miniaturisation des follicules pileux du cuir chevelu, ce qui peut inverser ainsi le processus de calvitie. » mais l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (l’ANSM) a décidé d’encadrer sa prescription et sa délivrance.  Une attestation annuelle d’information est ainsi mise en place, partagée, cosignée par le prescripteur et le patient, ou son représentant légal. Sans cette attestation, complémentaire de l’ordonnance, ce médicament n’est plus délivré à partir du 16 avril 2026 pour toute initiation de traitement et à partir du 16 juin 2026 pour les patients déjà traités par finastéride. Il faut savoir, en effet, que le Finastéride a des effets indésirables très pénalisants puisqu’ il peut occasionner des troubles de la fonction sexuelle et des troubles psychiatriques. Il est indispensable que les hommes qui ingèrent les comprimés de Finastéride, soient informés de ces effets avant de commencer le traitement. A l’Adéic, nous déconseillons ce médicament.

Pour la majorité des autres produits disponibles sur le marché, aucune efficacité n’a été scientifiquement démontrée. Autrement dit, rien ne permet d’affirmer qu’ils freinent réellement la chute des cheveux ou favorisent leur repousse.

L’alopécie ne repose toutefois pas uniquement sur des facteurs génétiques : le stress ou les variations hormonales peuvent également jouer un rôle. Dans ce contexte, l’utilisation de certains produits peut procurer un effet placebo, en contribuant au bien-être et à la réduction du stress.

Un bénéfice indirect, donc, mais qui ne doit pas être confondu avec une réelle efficacité thérapeutique.

Pour conclure, voici quelques repères qui peuvent aider les personnes concernées par une alopécie.

D’abord, il est essentiel de demander un avis médical à un généraliste ou à un dermatologue. En effet, la chute de cheveux doit toujours être prise au sérieux. Il est important d’en comprendre la cause et donc, de faire un bilan médical complet pour vérifier si cette alopécie est ou non liée à une pathologie. Si tel est le cas, il sera possible d’être orienté vers une prise en charge adaptée.

Face à l’abondance de produits disponibles, l’esprit critique reste indispensable. Les promesses marketing sont nombreuses, mais rares sont les solutions dont l’efficacité est réellement démontrée. Il n’existe pas de remède miracle.

Enfin, sachez qu’il y a d’autres solutions possibles que les médicaments pour limiter l’impact esthétique et psychologique de la perte des cheveux, comme des prothèses capillaires, certaines techniques de camouflage ou la greffe de cheveux. Mais là encore, la plus grande prudence est de mise. Prenez le temps de vous renseigner avant de vous lancer.

Image Mohamed Hassan in Pixabay