Nutri-Score : comment mieux le comprendre pour mieux choisir ?

De plus en plus de consommateurs regardent le Nutri-Score avant de choisir un produit au supermarché. Certains font la chasse aux A et aux B, facilement repérables à leurs couleurs vert foncé et vert clair. D’autres s’en méfient : ils pensent qu’il est influencé par les industriels ou qu’il ne vaut rien parce qu’il ne tient compte ni des pesticides ni des additifs.

Les réseaux sociaux entretiennent aussi certaines idées fausses. Non, un produit classé C ou D n’est pas pour autant toxique ou dangereux. Et si des frites surgelées peuvent obtenir un bon score, c’est parce que le Nutri-Score évalue le produit tel qu’il est vendu. L’huile, le sel ou les sauces ajoutés au moment de la préparation peuvent ensuite changer la qualité nutritionnelle du plat.

Face à ces confusions, l’Adéic a décidé de faire le point : que mesure réellement le Nutri-Score ? Comment bien l’utiliser ? Et quelles sont ses limites ?

Qu’est-ce que le Nutri-Score ?

Le Nutri-Score a été créé à la demande du ministère de la Santé. Il a été adopté en France en 2017, à partir des travaux de l’équipe du professeur Serge Hercberg et des expertises de l’Anses et du Haut Conseil de la santé publique. Contrairement à ce que prétendent certaines rumeurs, il n’a donc pas été conçu par les lobbies de l’industrie agroalimentaire.

Son objectif est simple : permettre aux consommateurs de repérer rapidement la qualité nutritionnelle d’un produit. Placé à l’avant de l’emballage, le logo associe cinq lettres à cinq couleurs. Le classement va de A, en vert foncé, pour les produits les plus favorables sur le plan nutritionnel, à E, en orange foncé, pour les moins favorables.

Le calcul est effectué pour 100 g ou 100 ml. Il tient compte des éléments à favoriser, comme les fibres, les protéines, les fruits, les légumes et les légumes secs, mais aussi de ceux qu’il vaut mieux limiter, comme les calories, les sucres, le sel et les acides gras saturés.

Le Nutri-Score donne donc un repère global. Pour obtenir des informations plus précises, il faut aussi consulter le tableau nutritionnel et la liste des ingrédients.

La méthode de calcul a évolué en 2025 pour mieux tenir compte des connaissances scientifiques et des recommandations alimentaires. Elle différencie notamment davantage les produits selon leur teneur en sucre et en sel. Les édulcorants sont désormais pris en compte dans certaines boissons.

Comment bien l’utiliser ?

Pour répondre à cette question, nous avons consulté la brochure publiée par Santé publique France. Celle-ci donne plusieurs conseils simples.

Tout d’abord, le Nutri-Score ne doit pas être utilisé seul. Lorsque cela est possible, il est préférable de cuisiner des plats faits maison à partir d’aliments bruts. Il faut aussi tenir compte de la préparation : l’ajout d’huile, de sel ou de sauce peut modifier la qualité nutritionnelle du plat. Pour les produits transformés, le Nutri-Score permet toutefois de repérer rapidement les choix les plus favorables.

Il faut ensuite interpréter la note selon le type de produit. Il est inutile de chercher une huile classée A, puisque B est le meilleur score possible pour une huile. Parmi les boissons, seule l’eau peut obtenir un A. La volaille est, quant à elle, généralement mieux classée que la viande rouge et la charcuterie.

L’objectif n’est donc pas de remplir son panier uniquement avec des produits A ou B. Les aliments classés D ou E peuvent trouver leur place dans une alimentation équilibrée, s’ils sont consommés moins souvent et en quantité raisonnable.

Enfin, le Nutri-Score sert surtout à comparer des produits de même catégorie ou consommés à la même occasion. Des lasagnes à la bolognaise, par exemple, peuvent obtenir des notes très différentes selon les marques. Pour le dessert, on peut aussi comparer un yaourt aux fruits et une crème caramel. Le produit le moins bien noté n’est pas interdit : le logo aide simplement à faire son choix en connaissance de cause.

Quelles sont ses limites ?

Le Nutri-Score évalue uniquement la qualité nutritionnelle. Il ne dit pas si un produit contient des pesticides ou des additifs, s’il est très transformé, s’il est biologique, d’où il vient, ni quel est son impact sur l’environnement. Pour obtenir ces informations, il faut regarder la liste des ingrédients, les labels et les autres indications présentes sur l’emballage.

Une mauvaise note ne signifie pas non plus qu’un aliment est dangereux. Le beurre ou le fromage, par exemple, sont pénalisés par leur teneur en graisses saturées ou en sel. Ils peuvent néanmoins être consommés en quantité raisonnable dans le cadre d’une alimentation équilibrée.

Une recette peut obtenir un meilleur score après l’ajout de fibres ou la réduction du sucre, du sel ou des graisses saturées. Certaines de ces modifications sont bénéfiques. Mais elles peuvent aussi servir une stratégie commerciale : décrocher un A ou un B plus attractif sur l’emballage. Un industriel peut donc améliorer la note de son produit sans le rendre moins transformé, sans supprimer certains additifs et sans agir sur son impact environnemental. La meilleure lettre ne garantit pas la meilleure qualité globale.

Enfin, L’affichage du Nutri-Score reste facultatif puisque le logo n’est pas obligatoire. Les fabricants peuvent l’utiliser gratuitement, après s’être enregistrés, mais certains refusent toujours de le faire. Pour les marques qui vendent des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, une mauvaise note peut en effet devenir un repoussoir. Ne pas afficher le logo permet alors d’éviter que cette information saute immédiatement aux yeux du consommateur. Ce refus est légal, mais il limite la transparence et rend les comparaisons plus difficiles dans les rayons. Attention cependant, l’absence de Nutri-Score ne permet pas de conclure qu’un produit est de bonne ou de mauvaise qualité nutritionnelle.

Un repère utile, à condition de bien le comprendre

Le Nutri-Score n’est ni un label de qualité générale ni un jugement définitif sur un aliment. C’est un repère simple pour comparer, en un coup d’œil, la qualité nutritionnelle de produits similaires.

Pour choisir en connaissance de cause, il faut aussi regarder la liste des ingrédients, le tableau nutritionnel et la place du produit dans l’ensemble de son alimentation. Et vous, regardez-vous le Nutri-Score lorsque vous faites vos courses ?

Pour en savoir plus

À lire : https://www.santepubliquefrance.fr/nutrition-et-activite-physique/nutri-score

Et aussi : https://www.santepubliquefrance.fr/nutrition-et-activite-physique/brochure/le-nutri-score-pour-mieux-manger-en-un-coup-doeil

 

Marie-Hélène Ruby : « Un locataire accompagné par une association, ça fait bouger les choses ! »

Du 15 novembre au 15 décembre 2026, les locataires des organismes HLM seront appelés à élire leurs représentants. Présents dans les conseils d’administration et les instances de concertation, ces élus portent la voix des locataires auprès des bailleurs et participent aux décisions qui concernent leur logement et leur cadre de vie. À l’approche de ce scrutin, nous avons rencontré Marie-Hélène Ruby, présidente de l’Adéic Logement, qui revient sur son engagement, le rôle de l’association et la campagne menée sur le terrain.

Magalie Jauneau : Pouvez-vous vous présenter, nous expliquer comment vous avez rejoint l’Adéic logement et quels sont vos rôles dans cette association ?

Marie-Hélène Ruby : Je suis Marie-Hélène Ruby.  En 2016, j’ai déménagé et nous avons constaté avec mon mari, que les premières régulations de charges étaient énormes dans notre office HLM. Alors, avec des voisins, nous sommes partis voir une association, l’Adéic Logement, anciennement, Fédération Logement Consommation (FLC). De fil en aiguille, je suis rentrée dans l’association, je suis d’abord devenue secrétaire, puis, présidente adjointe, et enfin, présidente en 2023. L’ancien président a démissionné et c’est moi qui ai pris sa place. Être présidente, ça veut dire que j’aide les représentants des locataires élus auprès de différents bailleurs à remplir leurs missions au quotidien. Je suis moi-même représentante des locataires auprès du bailleur Office 64.

Magalie Jauneau : Pourquoi y a-t-il des élections de représentants des locataires auprès des bailleurs sociaux entre le 15 novembre et le 15 décembre 2026 ?

Marie-Hélène Ruby : Les représentants des locataires auprès des organismes HLM sont élus tous les quatre ans. Depuis les élections de 2018, l’Adéic Logement présente des listes afin de porter la voix des locataires auprès des bailleurs sociaux. Le nombre de candidats à présenter sur chaque liste varie selon le statut du bailleur : il peut être de six, huit ou dix personnes, avec une alternance entre les femmes et les hommes. Les sièges sont ensuite attribués proportionnellement aux résultats obtenus aux élections par chaque liste. Les représentants des locataires sont là pour défendre les droits, les intérêts des locataires et pour faire entendre leur voix. Une fois élus, ils sont présents dans toutes les instances où sont prises les décisions qui concernent les locataires, notamment dans les conseils d’administration.

Magalie Jauneau : Comment abordez-vous concrètement ces élections ?

Marie-Hélène Ruby : D’abord, notre association participe aux réunions organisées avec le bailleur pour préparer les élections. Nous prenons connaissance du protocole électoral et nous discutons de ce qui nous paraît acceptable ou doit être modifié. Une fois que nous sommes parvenus à un accord avec le bailleur, nous signons ce protocole. A la suite de cela, il faut faire connaître notre association auprès des locataires, faire « campagne ». Cela signifie, rédiger un programme, créer des outils de communication, des banderoles, des flyers qu’il faudra aller distribuer dans les résidences, dans les boîtes aux lettres, ou directement aux locataires en faisant du porte-à-porte.  Bien souvent, on est mal reçus parce qu’ils pensent que nous travaillons pour le bailleur ou alors, ils ignorent notre existence. Tracter, c’est intéressant car ça permet de rencontrer les gens, bien sûr mais aussi de repérer des problèmes, des scooters démontés qui trainent en bas d’un immeuble par exemple, un câble électrique qui pend d’une fenêtre pour charger une petite voiture au-dehors. Notre association peut directement faire remonter tout cela aux bailleurs.

Magalie Jauneau : Quelles autres associations présentent des listes lors de ces élections ?

Marie- Hélène Ruby : En fait, les organisations nationales représentatives des locataires sont définies par décret du 18 mars 1988. Il s’agit de : L’AFOC (Association Force Ouvrière Consommateurs) ; La CGL (Confédération Générale du Logement) ; La CNL (Confédération Nationale du Logement) ; La CSF (Confédération Syndicale des Familles) ; La CLCV (Consommation Logement et Cadre de Vie). A celles-là s’ajoutent, depuis la loi « égalité et citoyenneté » de 2017, toutes les associations nationales de défense des consommateurs dont fait partie l’Adeic.

Pour nous différencier de ces associations, on met en avant notre présence auprès des locataires. On n’est pas seulement joignables par téléphone ou par courrier. Nous, on se déplace chez les gens. On va sur le terrain, parfois très loin de chez nous. Je prends des photos de tout ce qui ne va pas. Je fais des rapports très détaillés ; et quand les locataires n’ont aucune réponse de leur bailleur, je fais remonter souvent plus haut que le responsable. Quand il n’y a pas de réponse, je fais carrément remonter à la direction. Un locataire accompagné par une association, ça fait bouger les choses, alors qu’un locataire seul, eh bien, souvent, il ne se passe rien du côté des bailleurs.

Magalie Jauneau : Pouvez-vous nous donner quelques exemples de ce que peuvent faire les représentants des locataires élus pour tenter de défendre les locataires et d’améliorer leur qualité de vie ?

Marie- Hélène Ruby : Par exemple, ils assistent aux conseils de concertation locative (CCL) chez le bailleur. Beaucoup de sujets sont abordés et les bailleurs demandent l’avis des représentants des locataires. Dans ces réunions, on aborde les questions de réhabilitations et les travaux à envisager, celles des chaudières qu’il faut ou non remplacer, des baignoires qui doivent ou non laisser place à des douches. On se demande comment adapter les logements pour les personnes handicapées et comment répondre à la problématique du bien vieillir. Prochainement, nous allons commencer à travailler sur tout ce qui est à la charge du locataire et tout ce qui est à la charge du bailleur.

Pour conclure, on peut donc dire qu’à travers ces élections, les locataires choisissent celles et ceux qui porteront leur voix pendant quatre ans auprès de leur bailleur et qui les accompagneront pour que les problèmes soient réglés.

Débarqués par la compagnie : le combat de nos adhérents pour faire valoir leurs droits !

L’Adéic a été sollicitée par des consommateurs suite à un litige aérien.

Alors que les passagers avaient embarqué et qu’ils étaient installés à bord de l’appareil, le commandant a annoncé que, pour des raisons liées aux vents contraires et au poids de l’appareil, cinq passagers devaient débarquer et seraient réacheminés le lendemain. Nos adhérents ont donc quitté l’appareil pour être conduits dans le hall de l’aéroport afin de récupérer leurs bagages, recevoir de nouveaux titres de transport et bénéficier d’une prise en charge de leur hébergement.

Toutefois, après plus d’une heure d’attente, la compagnie aérienne leur a annoncé que le vol promis pour le lendemain était complet et qu’aucune place n’était désormais disponible. On leur a également annoncé qu’aucun vol pour la France ne pouvait être proposé avant le surlendemain.

Par ailleurs, la prise en charge de nos adhérents s’est révélée particulièrement insuffisante et tardive. En effet,  ils n’ont pu occuper leur chambre d’hôtel qu’après minuit et le réacheminement différé a entraîné des conséquences directes sur leur activité professionnelle. Ils ont été contraints de prolonger leur absence jusqu’au mercredi et de poser des congés sans solde. De même, en arrivant à Paris, ils ont dû engager de nouvelles dépenses  :  réserver  une nuit d’hôtel et acheter des billets de TGV. Tout cela pour rejoindre leur destination finale.

Conformément aux dispositions du règlement (CE) n°261/2004, ils ont sollicité l’indemnisation et le remboursement des frais engagés. Toutefois, seule la demande de Monsieur a été acceptée et a donné lieu à indemnisation, celle de Madame a été refusée au motif que la réservation avait été réalisée sous le nom de naissance de Madame, tandis que le relevé d’identité bancaire communiqué était établi sous son nom marital.

Afin de lever toute ambiguïté sur son identité, notre adhérente a fourni une copie de son livret de famille, établissant sans équivoque qu’elle était la même personne que celle figurant sur la réservation; mais la compagnie a persisté à refuser l’indemnisation.

Aussi, notre association est intervenue auprès du transporteur aérien pour lui rappeler qu’aux termes des articles 2, 4, 7, 8 et 9 du règlement (CE) n°261/2004, notre adhérente était en droit d’obtenir une assistance, un réacheminement et une indemnisation en cas de refus d’embarquement imputable au transporteur. Et que par ailleurs, le principe de bonne foi contractuel posé par l’article 1104 du code civil imposait aux parties un devoir de loyauté, de coopération et de diligence dans l’exécution de leurs obligations. Dès lors, il n’était pas possible pour le transporteur de se prévaloir d’une simple irrégularité administrative sans incidence sur l’identité du cocontractant pour se soustraire à ses obligations contractuelles.

A la suite de notre intervention, notre adhérente a finalement été indemnisée.

 

Batailles des prix : les consommateurs les plus fragiles perdants…

En ce début d’été caniculaire, l’histoire retiendra que l’on s’est battu en France à main nue pour acheter des climatiseurs !   Ces scènes surréalistes ont mis en lumière, d’un côté, la détresse de populations en souffrance vivant dans des logements dégradés, véritables bombes thermiques, et de l’autre, la grande distribution avec ses techniques traditionnelles pour appâter le chaland.  Combien de clients ce jour-là sont repartis sans le moindre ventilateur mais avec un caddy bien rempli !

Cette technique marketing du produit d’appel, hier annoncée dans nos boites aux lettres, aujourd’hui relayée tous azimuts par les réseaux sociaux et internet, lorsqu’elle n’est pas maîtrisée par l’enseigne, peut et a donc conduit à des débordements. Dans le cas d’espèce des climatiseurs, il était prévisible qu’au vu du faible nombre de produits disponibles par rapport à la demande, des tensions, voire pires, adviendraient.

Cette pratique, malheureusement courante, nous l’avons tous expérimentée en entrant dans les magasins où les rayons des produits à prix cassés étaient peu garnis voire vides, nous obligeant parfois à nous rabattre sur des produits voisins plus chers !

Parce que les premières victimes sont les plus vulnérables, il est urgent de réguler ces opérations promotionnelles.

Hasard du calendrier, en même temps que ces premières « émeutes du réchauffement climatique », une autre bataille des prix vient enfin de se déclencher au niveau européen contre les plateformes, en particulier chinoises, commercialisant de nombreux produits notamment de fast fashion.

Avec la mise en place d’une taxe de trois euros pour les petits colis, c’est déjà un premier pas ! Maintenant, nous espérons une réforme douanière européenne complète !

Cette fragile barrière à l’entrée a cependant déjà des limites. Elle ne permettra pas de prévenir l’arrivée en France d’articles dangereux et toxiques et ce surcout sera sans doute supporté par le consommateur.

Les populations les plus en difficulté, confrontées à des problématiques de pouvoir d’achat, acheteuses majoritaires de ce type de produits seront ainsi, à nouveau, les premières perdantes de ces batailles de prix.

Patrice Bédouret,

Président de l’Adéic

 

Réseau mobile 2G et 3G : de l’arrêt en cours à l’arrêt définitif fin 2028

En décembre 2025, dans l’un de ses articles, l’Adéic informait les usagers se fournissant en services téléphoniques et Internet par le biais de l’ADSL, de la fermeture imminente du réseau cuivre. Aujourd’hui, nous souhaitons attirer votre attention sur une nouvelle évolution, indépendante de cette dernière mais qui va, tout comme elle, avoir des conséquences non négligeables pour certains usagers.

De quelle évolution s’agit-il ?

Les opérateurs de téléphonie mobile ont commencé à arrêter le réseau mobile 2G depuis fin mars 2026. Cela a commencé à Bayonne, Anglet et Biarritz, pour ensuite concerner les départements 64 et 40 en mai puis s’étendre aux départements 47, 46, 32, 65, 31, 82 et 09 à partir du 9 juin 2026. Le reste de la France métropolitaine sera concerné par cette fermeture entre fin septembre et fin décembre 2026. Quant aux territoires d’Outre-mer, pour connaître les échéances, n’hésitez pas à consulter le site de l’ARCEP. Après la fermeture de la 2G, ce sera au tour du réseau 3G, dont l’extinction débutera à partir de la fin de l’année 2028

Qu’est-ce qu’implique cette fermeture ?

Les téléphones fonctionnant uniquement en 2G ne peuvent plus passer ou recevoir d’appels ni envoyer ou recevoir de SMS. Si vous habitez dans les départements concernés,  que votre téléphone ne fonctionne plus correctement et affiche uniquement la lettre « E » ou ne permet plus de passer des appels, il est possible que votre appareil soit uniquement compatible avec le réseau 2G. Dans ce cas, rapprochez-vous de votre opérateur ou de votre conseiller en téléphonie mobile.

Pourquoi cette fermeture ?

Selon l’Institut National de la Consommation  (INC), plusieurs raisons expliquent l’arrêt de ces réseaux :

– les réseaux 2G et 3G ne sont plus assez performants et ne présentent pas les mêmes garanties de sécurité face aux menaces actuelles que les réseaux 4G et 5G,

-les réseaux 2G et 3G ne sont plus utilisés que par une infime partie de la population, et sont par ailleurs plus énergivores et plus couteux,

– la couverture de la 4G dépasse aujourd’hui 99,9 % de la population métropolitaine.

En pratique, la plupart des consommateurs ne seront pas concernés par cette fermeture. Seuls le seront ceux dont le téléphone n’est pas compatible avec la 4G ou la 5G. En revanche, les personnes utilisant encore un ancien téléphone mobile ou certains équipements connectés (alarmes, systèmes de téléassistance, objets communicants, etc.) doivent vérifier leur compatibilité afin d’éviter toute interruption de service. L’Adéic invite donc les consommateurs à se rapprocher de leur opérateur en cas de doute .

Attention aux bagages !

Le présent cas pratique vous explique sur quels articles de droit vous appuyer en cas d’inexécution contractuelle de la part des professionnels.

En novembre 2025, M et Mme P ont effectué un vol de France vers Angleterre avec une compagnie de voyage. Après enquête, leurs bagages ont été considérés comme définitivement perdus. En février 2026, ils ont reçu de la part de la compagnie de voyage un courrier de proposition de remboursement. Quelques jours plus tard, le couple a accepté cette proposition et a fourni son RIB.

Cependant, au mois de mars, soit plus d’un mois après leur acceptation, la compagnie de voyage a invoqué, à tort, que le compte de M. et Mme P était invalide. A cette occasion, la compagnie de voyage leur a redemandé leur RIB alors que ce dernier, parfaitement clair et lisible, figurait en pièce jointe de leur réponse.

A partir de là, le couple a contacté l’Adéic et a adhéré à notre association. Le service juridique a pris connaissance du litige et a rédigé pour M et Mme P. une lettre de mise en demeure qu’ils ont envoyé à la compagnie de voyage en recommandé avec accusé de réception. Cette dernière a alors procédé au règlement de la somme due.

Que dit la loi ?

L’inexécution contractuelle de la part des professionnels est très fréquente. L’argumentation de notre service juridique s’est appuyée sur l’article 1104 du code civil qui disposent que les contrats (en l’espèce, l’engagement de remboursement de la compagnie de voyage) doivent être exécutés de bonne foi.

Cette disposition est d’ordre public.

Nous avons également cité l’article 1231-1 du code civil qui permet, à défaut de remboursement, à M. et Mme P de demander des dommages et intérêts devant les tribunaux.

Devant cette menace, la compagnie de voyage a préféré payer.

Image : izhar-ahamed-suitcas in Pixabay

Les Jardins de Cocagne : une ruche au service d’un projet solidaire, social et environnemental

L’Adéic siège au conseil consommateur d’Aprifel, l’Agence pour la recherche et l’information sur les fruits et les légumes. Chaque année, l’agence organise une visite de terrain pour aller à la rencontre d’un ou plusieurs acteurs de la branche fruits et légumes.

Cette année, les 24 et 25 juin, nous nous sommes rendus, avec d’autres représentants d’associations de consommateurs, à Besançon. Tout d’abord, nous avons visité les Jardins de Cocagne de Chalezeule, structure créée par l’association Julienne Javel (Association d’insertion sociale et professionnelle dans le Doubs)
« En structurant son projet autour de la lutte contre les exclusions, du développement local, et de la protection de l’environnement, les Jardins de Cocagne sont enracinés au cœur du Développement Durable et de l’Économie Sociale et Solidaire. Le réseau Cocagne mène des actions pour soutenir l’ensemble des Jardins de Cocagne de France. » 

Les jardins de Cocagne vendent chaque semaine 450 paniers de légumes bio, locaux, de saison aux habitants des alentours. En tant qu’association de défense des consommateurs, nous voulions savoir si les personnes qui s’abonnent à  ces paniers venaient uniquement chercher des légumes bio ou si, par leur adhésion, ils soutenaient l’agriculture biologique, les circuits courts, l’insertion professionnelle, la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’aide alimentaire.

En espérant pouvoir les rencontrer, nous avons commencé la visite. Très vite, nous avons découvert une véritable ruche.

Les Jardins de Cocagne sont un lieu où travaillent 60 personnes à temps partiel, en démarche d’insertion, encadrées par des maraichers et par des travailleurs sociaux placés sous l’autorité d’un chef de service. Ces personnes, habitant toutes à proximité, sont sélectionnées sur une liste d’attente sur orientation de prescripteurs habilités. Elles restent  entre 3 et 18 mois.

Sur ce chantier, plusieurs métiers sont représentés et les personnels exercent celui pour lequel ils ont le plus de compétences ou pour lequel ils développent un projet professionnel. Les activités sont nombreuses : semis, désherbage, plantations, secrétariat, ménage, logistique des livraisons, conditionnement, conduite de tracteurs, réparations mécaniques, vente. Chaque expérience acquise constitue un véritable atout pour retrouver ensuite un emploi durable. Savoir semer et désherber est par exemple un gage de minutie et de patience.

Les fruits et légumes des paniers sont récoltés la veille du jour où les acheteurs viennent les chercher. Quand il y a du surplus, les travailleurs en récupèrent, un certain nombre est donné aux  » Restos du Cœur » ou vendu à la Banque alimentaire, deux structures situées à proximité des Jardins de Cocagne. La Banque alimentaire finance ses achats grâce aux ressources obtenues via le programme « mieux manger pour tous » : « destiné à améliorer l’accès des publics en situation de précarité aux denrées alimentaires durables et de bonne qualité nutritionnelle. » Par ailleurs, dans la liste des acheteurs du panier, il y a des personnes qui relèvent de l’aide alimentaire et qui payent le panier moins cher. Elles bénéficient aussi d’un accompagnement plus large car elles peuvent participer gratuitement à des ateliers de cuisine. Ces ateliers permettent d’apprendre à se nourrir autrement, en mangeant moins de viande, moins de produits transformés et plus de fruits et légumes. Outre la cuisine, ces personnes peuvent suivre des ateliers d’éducation à l’étiquetage alimentaire, visiter librement les jardins maraichers, bénéficier de dons de plants si elles veulent cultiver un potager sur leur balcon, ou dans les jardins partagés de l’association. Les ateliers de cuisine sont les seuls ouverts à l’ensemble des adhérents. Ils favorisent ainsi une véritable mixité sociale, qui ne se produit pas spontanément dans la vie quotidienne.

Les Jardins de Cocagne ont aussi développé des actions envers les étudiants en s’adressant à leurs associations et en leur proposant des paniers de fruits et légumes à trois euros. Ce rapprochement s’est fait à l’occasion de la mise en place du projet MIAM ( Mutualisons les Initiatives entre Agriculteurs et Mangeurs). Les Jardins de Cocagne souhaiteraient aussi développer un partenariat avec la restauration collective, les EHPAD, les hôpitaux… Dans l’immédiat, ce n’est pas possible pour des problèmes de logistique.

A l’issue de cette visite, nous n’avons pas pu rencontrer les acheteurs des paniers bio et donc, nous n’avons pas pu les interroger sur leurs motivations à venir s’approvisionner aux Jardins de Cocagne. Mais en visitant cette ruche où se croisent agriculture biologique, insertion professionnelle, solidarité alimentaire, formation et développement local et qui est donc bien plus qu’un simple lieu de production maraichère, nous avons imaginé qu’ils n’étaient pas seulement des « acheteurs » mais également des « consommateurs-citoyens », participant en toute conscience au soutien d’initiatives locales, sociales et responsables, et contribuant à construire une économie plus humaine et plus durable.

Passage à Windows 11 : une obsolescence logicielle contraire aux valeurs de l’Adéic

En mai 2015, Microsoft annonçait l’arrivée de Windows 10, en assurant aux utilisateurs que celle-ci serait la dernière version de Windows et que toutes les futures mises à jour se feraient directement sur Windows 10. Malgré cela, en juin 2021, soit 6 ans plus tard, la multinationale américaine revient en arrière et déclare la sortie de Windows 11.  À la même période, la fin du support de Windows 10 est officiellement déclarée pour octobre 2025. Face aux plaintes de nombreux utilisateurs et entreprises, Microsoft repousse la fin du support avec un délai supplémentaire jusqu’en octobre 2026 sous certaines conditions. Ce délai reste insuffisant selon Samuel Sauvage, cofondateur de l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) qui demande un report jusqu’en 2030.

 Pourquoi Microsoft nous incite à passer à Windows 11 ?

À partir d’octobre 2026, Windows 10 ne sera plus pris en charge, mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Votre ordinateur continuera de fonctionner mais ne pourra plus recevoir les correctifs de sécurité et de fonctionnement qui assurent la protection de votre machine. Vous serez donc plus exposé aux virus et aux cyberattaques. Par ailleurs, l’assistance technique ne sera plus disponible sur les PC n’ayant pas Windows 11.  De plus, Microsoft recommande de faire le changement « pour éviter les problèmes de performances et de fiabilité » liés aux applications.

Or, pour pouvoir installer cette nouvelle mise à jour, il y a des exigences techniques demandées dont une puce TPM version 2.0, qui a commencé à apparaitre sur les ordinateurs à partir de 2018. Cela veut dire que tous les ordinateurs antérieurs à 2018 n’ont plus les critères requis par Microsoft pour pouvoir installer Windows 11. Il faudra donc remplacer les ordinateurs par des machines plus récentes.

 Passage à Windows 11 : un scandale écologique et économique

Ce choix de Microsoft ne concerne pas certains appareils isolés. Les entreprises vont devoir renouveler une bonne partie de leur parc informatique, comme la mairie de Paris, qui a annoncé au journal 20minutes que dix mille ordinateurs étaient obsolètes dans ses locaux en 2025. Ce sera donc autant de déchets informatiques qu’il faudra traiter sachant que selon l’ONU, seulement 22% des DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) ont été recyclés correctement en 2022. Certaines entreprises sont spécialisées dans le recyclage d’appareils électroniques mais cela représente un coût supplémentaire. Le reste du temps, les déchets sont exportés illégalement dans des pays d’Afrique ou d’Asie, qui deviennent des décharges à ciel ouvert, ce qui représente une grande pollution et un risque sanitaire pour ces pays mais aussi du gaspillage de ressources précieuses, qui auraient pu être réutilisées.

On pourrait penser que la destruction d’un appareil représente le plus gros impact environnemental mais selon l’Arcep « 70% à 80% de l’empreinte carbone d’un ordinateur est générée avant même que vous ne l’allumiez pour la première fois ». En effet, la fabrication demande des ressources importantes qu’il faut extraire, comme les métaux rares qui sont coûteux en eau et en énergie. De plus, le transport et la distribution s’additionnent à un impact déjà bien trop lourd.

Sur le plan financier, le remplacement des parcs informatiques représente une grosse dépense non prévue. Ce budget peut être compliqué voire impossible à trouver pour certains particuliers ou certaines associations ou PME. Pour vous donner un exemple, prenons l’ADEIC. L’association possède sept ordinateurs qui seront prochainement obsolètes. En moyenne, une unité centrale avoisine les 700 euros pour un usage bureautique. Le calcul est rapide, on remarque que l’ADEIC va devoir dépenser environ 5000 euros simplement à cause de la fin de Windows 10. Et ce budget concerne seulement le matériel. Pour beaucoup de structures, cela s’ajoute aux différents logiciels proposés comme la suite Microsoft 365 (Word, Excel …). Même s’il existe des tarifs réduits pour les associations, il faut maintenant acheter l’abonnement pour chaque utilisateur et non plus par ordinateur, ce qui alourdit encore la facture.

Pour rappel, une autre solution a été mise en place par Microsoft sur une durée limitée. Les particuliers peuvent s’inscrire au programme ESU (Extended Security Updates) pour une année au prix de 30 € et c’est cette option qui permet d’étendre le support jusqu’en octobre 2026. Pour les entreprises, le programme ESU peut s’étendre jusqu’en octobre 2028 avec un tarif qui double chaque année. Ce n’est pas une vraie solution malgré tout, cela revient juste à décaler le problème.

Quelles alternatives à Windows 11 ?

Pour continuer à utiliser vos ordinateurs plus anciens, une alternative est disponible, les systèmes d’exploitation libres. La plupart de ces logiciels sont gratuits et disponibles pour tous, le plus connu étant Linux. Ils permettent de s’éloigner de Microsoft et toutes les GAFAM (les 5 plus grandes entreprises qui contrôlent le marché du numérique). En plus d’être gratuits, les logiciels libres sont plus respectueux de votre vie privée et sont hébergés localement. Cela vous permet de reprendre la main sur vos données mais surtout, les logiciels libres n’ont pas de date de péremption comme Windows, vous allez donc pouvoir garder vos ordinateurs aussi longtemps que possible. Pour bien comprendre, voici une analogie simple ; votre système d’exploitation c’est une maison. Utiliser un système libre revient à être propriétaire et construire soi-même ses murs et ses fondations. Vous savez comment cela est construit et cela vous appartient pour toujours. A l’inverse, utiliser Windows c’est être locataire d’une maison, avec un propriétaire qui vous observe avec des caméras de surveillance. En plus de connaitre toutes vos habitudes et de s’en servir pour vous manipuler, il peut décider de couper votre bail à tout moment.

Cependant, il existe quand même certaines contraintes à utiliser des systèmes libres. Certains peuvent être relativement différent des logiciels qu’on connait déjà c’est pourquoi la prise en main peut être un peu longue. De plus, même si une grande partie des applications disponibles sur Windows possède un équivalent en version libre, certaines plus spécifiques ne peuvent pas encore être remplacées. Par exemple, les applications de Microsoft 365 ne pourront plus être téléchargées directement sur votre machine mais la version en ligne sera toujours accessible, néanmoins elles possèdent moins de fonctionnalités.

Une fois ces contraintes prises en compte, imaginons que vous décidez quand même de passer aux systèmes libres. Cela peut être un petit peu compliqué. Si vous n’avez aucune connaissance en informatique, n’hésitez pas à vous diriger vers un professionnel du secteur. Il réalisera alors une migration vers Linux et votre ordinateur sera débarrassé de Windows. Mais cela a un coût. Et si vous décidez en plus de faire appel à une infogérance qui fera le suivi de votre ordinateur pour d’éventuels problèmes informatiques, il faudra payer aussi. Si en revanche vous êtes à l’aise en informatique ou bien accompagné, sachez que le passage à Linux est largement accessible, de nombreux tutoriels sont à disposition sur internet. Prenez quand même des précautions, faites une sauvegarde de toutes vos données pour ne rien perdre en cas de problème.

Si finalement vous décidez de rester sur Windows mais que vous voulez commencer à vous décentraliser, ou simplement si vous cherchez des équivalents à vos services en ligne habituels, le collectif des CHATONS (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) est là pour vous. Ils recensent gratuitement de nombreuses structures qui proposent des services en ligne respectueux de vos données.  Voici le lien de leur site internet : https://www.chatons.org/presentation

Tout ça demande beaucoup de réflexions et de temps pour pouvoir se renseigner. À l’ADEIC, cela dure depuis des mois. Passer à Windows 11, c’est beaucoup d’argent pour notre association et ça heurte nos valeurs et notre éthique. Après beaucoup de recherches et de discussions avec différents prestataires (infogérances, acteurs des Chatons) nous avons finalement opté pour Linux. Nous savons que le changement ne sera pas simple mais nous préférons tout de même tenter l’aventure du libre et faire un choix plus responsable.

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