En ce début d’été caniculaire, l’histoire retiendra que l’on s’est battu en France à main nue pour acheter des climatiseurs !   Ces scènes surréalistes ont mis en lumière, d’un côté, la détresse de populations en souffrance vivant dans des logements dégradés, véritables bombes thermiques, et de l’autre, la grande distribution avec ses techniques traditionnelles pour appâter le chaland.  Combien de clients ce jour-là sont repartis sans le moindre ventilateur mais avec un caddy bien rempli !

Cette technique marketing du produit d’appel, hier annoncée dans nos boites aux lettres, aujourd’hui relayée tous azimuts par les réseaux sociaux et internet, lorsqu’elle n’est pas maîtrisée par l’enseigne, peut et a donc conduit à des débordements. Dans le cas d’espèce des climatiseurs, il était prévisible qu’au vu du faible nombre de produits disponibles par rapport à la demande, des tensions, voire pires, adviendraient.

Cette pratique, malheureusement courante, nous l’avons tous expérimentée en entrant dans les magasins où les rayons des produits à prix cassés étaient peu garnis voire vides, nous obligeant parfois à nous rabattre sur des produits voisins plus chers !

Parce que les premières victimes sont les plus vulnérables, il est urgent de réguler ces opérations promotionnelles.

Hasard du calendrier, en même temps que ces premières « émeutes du réchauffement climatique », une autre bataille des prix vient enfin de se déclencher au niveau européen contre les plateformes, en particulier chinoises, commercialisant de nombreux produits notamment de fast fashion.

Avec la mise en place d’une taxe de trois euros pour les petits colis, c’est déjà un premier pas ! Maintenant, nous espérons une réforme douanière européenne complète !

Cette fragile barrière à l’entrée a cependant déjà des limites. Elle ne permettra pas de prévenir l’arrivée en France d’articles dangereux et toxiques et ce surcout sera sans doute supporté par le consommateur.

Les populations les plus en difficulté, confrontées à des problématiques de pouvoir d’achat, acheteuses majoritaires de ce type de produits seront ainsi, à nouveau, les premières perdantes de ces batailles de prix.

Patrice Bédouret,

Président de l’Adéic