L’inflation dépasse les 2% et bien davantage pour certains produits alimentaires. Le tarif du gaz vient d’augmenter de 15 %. Le prix de l’essence poursuit son envolée… et pourtant, c’est l’ouverture des boulangeries qui a fait la une de l’actualité, le premier mai dernier.

Les médias ne se sont pas contentés des interventions de leurs experts habituels. Ils ont sur le sujet convoqué des consommateurs dont la principale préoccupation semblait être de pouvoir se procurer du pain frais ou de revendiquer la possibilité d’acheter de la viande en cette journée de fête du travail !

Quelle belle diversion offerte à des politiques qui ne trouvent aucune solution à la crise du pouvoir d’achat actuel ! Une aubaine pour un patronat qui dans de nombreux secteurs et notamment celui du commerce, poursuit une politique de salaires indécents.

Instrumentaliser le consommateur n’est pas nouveau. C’est un grand classique lorsqu’il s’agit, par exemple, de promouvoir l’ouverture des enseignes le dimanche ou la magie des plateformes de livraison de repas…

A l’ADEIC, et c’est dans notre ADN, nous ne pouvons accepter que sous prétexte de soi-disant commodités pour le consommateur, on dérégule, on porte atteinte au code du travail, on veuille mettre à bas un symbole des luttes sociales comme le premier mai.

Plus largement, notre association, liée depuis l’origine au syndicalisme, ne peut rester indifférente face à des projets de société qui visent à affaiblir les droits des travailleurs.

A cet égard, voir un premier ministre féliciter un boulanger en infraction avec le code du travail, et l’assurer de la mansuétude des services de l’état interroge !

Le président de l’Adéic

Patrice Bédouret

 

Image: Heinz Teuber in Pixabay