Les Jardins de Cocagne : une ruche au service d’un projet solidaire, social et environnemental

L’Adéic siège au conseil consommateur d’Aprifel, l’Agence pour la recherche et l’information sur les fruits et les légumes. Chaque année, l’agence organise une visite de terrain pour aller à la rencontre d’un ou plusieurs acteurs de la branche fruits et légumes.

Cette année, les 24 et 25 juin, nous nous sommes rendus, avec d’autres représentants d’associations de consommateurs, à Besançon. Tout d’abord, nous avons visité les Jardins de Cocagne de Chalezeule, structure créée par l’association Julienne Javel (Association d’insertion sociale et professionnelle dans le Doubs)
« En structurant son projet autour de la lutte contre les exclusions, du développement local, et de la protection de l’environnement, les Jardins de Cocagne sont enracinés au cœur du Développement Durable et de l’Économie Sociale et Solidaire. Le réseau Cocagne mène des actions pour soutenir l’ensemble des Jardins de Cocagne de France. » 

Les jardins de Cocagne vendent chaque semaine 450 paniers de légumes bio, locaux, de saison aux habitants des alentours. En tant qu’association de défense des consommateurs, nous voulions savoir si les personnes qui s’abonnent à  ces paniers venaient uniquement chercher des légumes bio ou si, par leur adhésion, ils soutenaient l’agriculture biologique, les circuits courts, l’insertion professionnelle, la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’aide alimentaire.

En espérant pouvoir les rencontrer, nous avons commencé la visite. Très vite, nous avons découvert une véritable ruche.

Les Jardins de Cocagne sont un lieu où travaillent 60 personnes à temps partiel, en démarche d’insertion, encadrées par des maraichers et par des travailleurs sociaux placés sous l’autorité d’un chef de service. Ces personnes, habitant toutes à proximité, sont sélectionnées sur une liste d’attente sur orientation de prescripteurs habilités. Elles restent  entre 3 et 18 mois.

Sur ce chantier, plusieurs métiers sont représentés et les personnels exercent celui pour lequel ils ont le plus de compétences ou pour lequel ils développent un projet professionnel. Les activités sont nombreuses : semis, désherbage, plantations, secrétariat, ménage, logistique des livraisons, conditionnement, conduite de tracteurs, réparations mécaniques, vente. Chaque expérience acquise constitue un véritable atout pour retrouver ensuite un emploi durable. Savoir semer et désherber est par exemple un gage de minutie et de patience.

Les fruits et légumes des paniers sont récoltés la veille du jour où les acheteurs viennent les chercher. Quand il y a du surplus, les travailleurs en récupèrent, un certain nombre est donné aux  » Restos du Cœur » ou vendu à la Banque alimentaire, deux structures situées à proximité des Jardins de Cocagne. La Banque alimentaire finance ses achats grâce aux ressources obtenues via le programme « mieux manger pour tous » : « destiné à améliorer l’accès des publics en situation de précarité aux denrées alimentaires durables et de bonne qualité nutritionnelle. » Par ailleurs, dans la liste des acheteurs du panier, il y a des personnes qui relèvent de l’aide alimentaire et qui payent le panier moins cher. Elles bénéficient aussi d’un accompagnement plus large car elles peuvent participer gratuitement à des ateliers de cuisine. Ces ateliers permettent d’apprendre à se nourrir autrement, en mangeant moins de viande, moins de produits transformés et plus de fruits et légumes. Outre la cuisine, ces personnes peuvent suivre des ateliers d’éducation à l’étiquetage alimentaire, visiter librement les jardins maraichers, bénéficier de dons de plants si elles veulent cultiver un potager sur leur balcon, ou dans les jardins partagés de l’association. Les ateliers de cuisine sont les seuls ouverts à l’ensemble des adhérents. Ils favorisent ainsi une véritable mixité sociale, qui ne se produit pas spontanément dans la vie quotidienne.

Les Jardins de Cocagne ont aussi développé des actions envers les étudiants en s’adressant à leurs associations et en leur proposant des paniers de fruits et légumes à trois euros. Ce rapprochement s’est fait à l’occasion de la mise en place du projet MIAM ( Mutualisons les Initiatives entre Agriculteurs et Mangeurs). Les Jardins de Cocagne souhaiteraient aussi développer un partenariat avec la restauration collective, les EHPAD, les hôpitaux… Dans l’immédiat, ce n’est pas possible pour des problèmes de logistique.

A l’issue de cette visite, nous n’avons pas pu rencontrer les acheteurs des paniers bio et donc, nous n’avons pas pu les interroger sur leurs motivations à venir s’approvisionner aux Jardins de Cocagne. Mais en visitant cette ruche où se croisent agriculture biologique, insertion professionnelle, solidarité alimentaire, formation et développement local et qui est donc bien plus qu’un simple lieu de production maraichère, nous avons imaginé qu’ils n’étaient pas seulement des « acheteurs » mais également des « consommateurs-citoyens », participant en toute conscience au soutien d’initiatives locales, sociales et responsables, et contribuant à construire une économie plus humaine et plus durable.

Des conseils pratiques pour garder son logement frais en période de fortes chaleurs

Image : ChatGpt

Les fortes chaleurs que nous venons de connaître nous rappellent une réalité : les épisodes de canicule vont devenir de plus en plus fréquents.

Face à la chaleur, les climatiseurs se vendent comme des petits pains, au point que certaines enseignes sont déjà en rupture de stock. S’ils apportent un confort immédiat, ils ont aussi un impact sur l’environnement et peuvent alourdir la facture d’électricité.

Avant de vous équiper, l’Adéic vous invite à découvrir les recommandations de l’Adème. Vous y trouverez de nombreuses solutions pour rafraîchir votre logement sans recourir systématiquement à la climatisation. Et si vous choisissez malgré tout d’en installer une, vous y découvrirez aussi les conseils indispensables pour faire un achat adapté à vos besoins.

A lire aussi : le guide : garder un logement frais tout l’été. A télécharger sur le site de l’Adème. librairie.ademe.fr/

Garder un logement frais pendant l’été : il n’y a pas que la climatisation ! – notre-environnement

Colloque Consommation durable – Montpellier 29 Mai 2026

L’Association Citoyenne et Laïque des Consommateurs (ACLC) à laquelle appartient l’Adéic organise un colloque sur la consommation durable qui aura lieu le vendredi 29 mai 2026  à l’UDAF 34 : rue des Frères Lumière 34 000 MONTPELLIER, de 14h45 à 19h30. Un apéritif convivial sera organisé à partir de 19H30.

A l’occasion de ce colloque, nous présenterons le projet d’éducation des consommateurs à la consommation durable (alimentation, mode, et numérique) que l’ACLC a mené en 2025 et qui a été cofinancé par la DGCCRF. Ce projet a donné lieu à la publication d’ un rapport sur cette expérimentation. L’association y  analyse les comportements des consommateurs et les freins à la consommation durable et elle adresse aux pouvoirs publics ses recommandations pour améliorer l’accessibilité et l’éducation des consommateurs à la consommation durable.

Programme du colloque

14h30 : Accueil des participants_ Émargement
15h-15h10 : Le mot du président par Julien Léonard, président de l’ACLC et présentation de déroulement du colloque
15h15- 15h40 : Présentation par l’ACLC du projet et du rapport : Accessibilité et sensibilisation des consommateurs à la consommation durable.
Intervenantes : Dominique Lassarre, Julie Vanhille, Ludivine Coly-Dufourt
15h40-15h50 : Échanges avec la salle
Animation : Dominique LASSARRE professeur en psychologie sociale, Vice-présidente ADEIC
15h50-16h30 : Comment améliorer les systèmes d’alimentation durable
Intervenant : Nicolas Bricas Cirad, Montpellier Interdisciplinary center on Sustainable Agri-food systems (MoISA), France Titulaire de la Chaire Unesco Alimentations du Monde
16h30-16h40 : Échanges avec la salle
16h45-17h30 : Des actions et des revendications dans le secteur de l’habillement : l’exemple du projet d’Emmaüs dans le domaine de l’habillement
Intervenant : Thomas Ladreyt, Directeur général adjoint d’Emmaüs France
17h30-17h40 : Échanges avec la salle
17h45-18h30 : Réduire l’impact du numérique sur l’environnement : l’exemple de la ville de Montpellier
Intervenant : Fabien Michel Enseignant Chercheur Maître de conférences HDR Montpellier
18h30-18h40 : Echanges avec la salle
18h45-19h15 : Synthèse et perspectives pour l’ACLC
Intervenant : Julien Léonard, président de l’ACLC
Comment renforcer les synergies entre l’ACLC et l’éducation populaire
Comment renforcer les synergies entre l’ACLC et l’éducation Nationale
Pour sensibiliser les consommateurs à la consommation durable, pour un changement d’échelle après l’expérimentation
19h30 : Fin de journée autour d’un apéritif convivial

Si vous souhaitez y participer, merci de vous inscrire auprès de notre Secrétaire générale à l’adresse suivante : julie.vanhille@adeic.fr 

Suppression de l’Agence Bio : un recul pour la santé et l’information des consommateurs

A L’ADEIC, nous nous engageons pour l’éducation à l’alimentation et nous revendiquons un accès à une information fiable en matière de sécurité sanitaire. C’est la raison pour laquelle nous alertons aujourd’hui les consommateurs sur les conséquences graves que représenterait la suppression de l’Agence Bio.

À plusieurs reprises, cette agence essentielle a été menacée de disparition, notamment lors de l’adoption de la loi de finances en janvier 2025, ainsi que dans le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les agences de l’État, où sa suppression figure parmi les propositions. (Rappelons en passant qu’un tiers de ces agences sont ciblées par Bercy) Ces orientations apparaissent en totale contradiction avec les recommandations de la Cour des comptes en 2022, qui appelait au contraire à renforcer son rôle et ses moyens.

Elles contredisent également les engagements publics pris dans le cadre du Plan Ambition Bio 2027, qui fixait des objectifs ambitieux : atteindre 18 % de surfaces agricoles en bio et introduire 20 % de produits biologiques dans la restauration collective. Or, ces objectifs sont déjà fragilisés, la France ayant enregistré un recul de 2 % des surfaces dédiées au bio entre 2023 et 2024. Dans ce contexte, affaiblir davantage les outils de structuration et de promotion du secteur apparaît incohérent et contre-productif.

La réduction progressive des moyens alloués à l’Agence Bio — baisse de 5 millions d’euros de son budget de communication et diminution de 10 millions d’euros du fonds Avenir Bio — témoigne d’un désengagement préoccupant. Comme l’a rappelé la Fédération nationale d’agriculture biologique dans une tribune : « Supprimer l’Agence Bio, c’est renier les engagements de la France pour la qualité de l’eau, pour la santé des Françaises et des Français, et pour le respect de l’environnement et du vivant. »

Pour l’ADEIC, cette évolution est en contradiction directe avec les valeurs qu’elle défend au quotidien : une consommation éclairée, durable et responsable, fondée sur la transparence, la qualité des produits et la préservation des ressources naturelles. L’Agence Bio joue précisément un rôle structurant dans l’information des consommateurs, l’accompagnement des filières et la garantie de pratiques respectueuses de l’environnement et de la santé publique.

Au-delà, cette remise en cause entre également en tension avec les principes portés par la SNANC, qui promeut une alimentation saine, accessible à tous, respectueuse des écosystèmes et ancrée dans une logique de prévention sanitaire. Supprimer un outil public central dans la structuration du secteur biologique revient à fragiliser l’ensemble de ces objectifs.

L’ADEIC appelle donc à reconsidérer cette décision. La disparition de l’Agence Bio aurait des conséquences durables et délétères sur la qualité de nos sols, de notre eau, sur la biodiversité, mais aussi sur la santé des consommateurs. Elle constituerait un recul majeur dans la construction d’un modèle alimentaire plus soutenable et plus protecteur.

Si le sujet vous intéresse, nous vous invitons à lire également cet article d’Alimenterre :

https://reporterre.net/Apres-avoir-coupe-les-moyens-on-coupe-la-tete-comment-le-gouvernement-demantele-l-Agence

La SNANC enfin publiée !

En septembre 2025, l’Adéic aux côtés de 116 autres associations écrivaient une lettre ouverte au premier ministre Sébastien Lecornu pour que la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat soit publiée urgemment, après deux ans d’attente. Les signataires réclamaient une version de la SNANC dont le texte ne serait pas dénaturé par des concessions inadmissibles et dans laquelle leurs demandes prioritaires seraient respectées, à savoir, interdire la publicité et le marketing pour les produits trop gras, trop sucrés et trop salés notamment lorsqu’ils ciblent des enfants, fixer une trajectoire chiffrée de « moins et mieux » de produits animaux d’ici 2030 incluant la réduction de la consommation de viande ; nommer un ou une déléguée interministérielle chargée de la mise en œuvre et du suivi de la SNANC.

La SNANC n’a malheureusement pas été publiée.

Fin novembre, les milieux associatifs se réjouissaient car le bruit circulait qu’enfin, le grand jour était arrivé mais une fois encore, cette publication fut bloquée.

Hier, mercredi 11 février 2026, ce fut enfin le cas. La SNANC est en ligne !

A l’Adéic, nous sommes satisfaits car elle assume une transformation du système alimentaire, articulée autour de la santé publique, la transition climatique, la préservation de la biodiversité, la justice sociale, et la souveraineté alimentaire.

Bien que le texte ait été « dénaturé » par rapport à la version originale, cette publication va dans le sens de ce que nous défendons pour les consommateurs.

Nous ne pouvons néanmoins manquer de nous interroger sur les ambiguïtés observées du côté du gouvernement. D’un côté, il publie la SNANC et de l’autre, il prévoit une nouvelle loi d’urgence agricole visant à raboter davantage encore les normes environnementales et sanitaires, et menacer notre santé et celles des écosystèmes. Par ailleurs, le sénateur de la Haute-Loire Laurent Duplomb, revient avec une nouvelle proposition de loi (PPL) visant le retour de deux insecticides, l’acétamipride et le flupyradifurone. Certes, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a assuré que la nouvelle proposition ne serait pas intégrée au projet de loi d’urgence mais le fait que cette proposition de loi ait été faite peu de temps avant le débat symbolique ayant eu lieu mercredi 11 février au Palais-Bourbon sur la « loi Duplomb » semble à certains bien provocateur.

 

Pour un « contre-pouvoir » éducatif

Les dérives de la fast fashion et ses effets néfastes sur l’environnement, la santé, les conditions de travail ont défrayé la chronique dans l’actualité récente.

L’ADEIC condamne les pratiques de ces entreprises et plateformes sans foi, ni loi et réclame une action plus vigoureuse des pouvoirs publics français et européens.

Mais pour une association crée il y a quarante ans par une Fédération syndicale enseignante (la FEN aujourd’hui UNSA éducation), dont de nombreux militants et adhérents sont issus de ce secteur professionnel, l’éducation à la consommation doit être également une réponse prioritaire.

Sans ignorer la problématique de pouvoir d’achat qui pousse les consommateurs vers ces plateformes (24% des Français achètent des vêtements issus de l’ultra fast fashion et les 18–35 ans en sont les plus grands consommateurs), l’éducation peut-être un moyen de sensibiliser les futures générations sur les conséquences désastreuses de ce type de commerce.

Face à la puissance sans limites des réseaux sociaux consultés dès le plus jeune âge, la propagande des influenceurs en tous genres, c’est un véritable contre-pouvoir éducatif qu’il faut développer.

La pression commerciale intensifiée ces dernières années par l’explosion du numérique a changé d’échelle, ciblant par tous les canaux possibles des jeunes pour qui la mode a toujours été un vecteur identitaire, l’expression d’une recherche de nouveauté parfois de transgression.

La sensibilisation dès le plus jeune âge à la nécessité d’une consommation responsable, éthique est donc un impératif.

L’éducation à la consommation participe en effet dans une démarche plus large à l’éducation du citoyen, comme celle dédiée aux médias, à la solidarité nationale et internationale, au développement durable…

A cet égard, l’éducation nationale a un rôle majeur à jouer en mettant en valeur les programmes concernés, en formant les enseignants.

Les associations comme la nôtre y prennent toute leur part mais les menaces sur les subventions esquissées dans le projet de budget 2026 pourraient remettre en cause les actions conduites auprès des jeunes publics.

L’Institut national de la consommation ( INC ) est également dans le collimateur du gouvernement, sa publication « 60 millions junior » a été malheureusement arrêtée en mars 2025, privant les acteurs de l’éducation d’un outil pédagogique précieux.

Devant ces défis majeurs, l’ADEIC continuera sans relâche son action auprès des enfants et des jeunes, avec ses adhérents, ses militants, ses bénévoles investis sur le terrain.

Alors que selon un récent sondage 84 % des 6-18 ans seraient prêts à changer leurs comportements de consommation, que l’achat de seconde main est une pratique en essor chez les jeunes, le combat est loin d’être perdu, à condition bien sûr qu’il soit mené…

Patrice BEDOURET

Président de l’ADEIC

Pesticides : 114 organisations dont l’ADEIC exigent le retrait immédiat du projt « omnibus VII » de la Commission européenne qui accorderait des autorisations illimitées à la grande majorité des pesticides

Pesticides : 114 organisations dont l’ADEIC exigent le retrait immédiat du projet « omnibus VII » de la Commission européenne qui accorderait des autorisations illimitées à la grande majorité des pesticides

Paris, le 1er décembre 2025

Dans une tribune parue dans Le Monde du 1er décembre  plus de 110 organisations de défense de l’environnement, de la santé publique, de l’agriculture paysanne, des associations de patients et d’usagers dénoncent la tentative de la Commission européenne de déréguler massivement les pesticides via le projet dit « omnibus VII » sur la sécurité des aliments.

De nombreuses mesures inquiétantes sont proposées dans ce texte à paraître officiellement le 16 décembre, mais un point a particulièrement suscité notre inquiétude : la suppression du réexamen systématique et périodique (tous les 10 ou 15 ans) des autorisations de mise sur le marché pour la très grande majorité des substances pesticides. Concrètement, si cette mesure était adoptée, des centaines de pesticides chimiques bénéficieraient d’une autorisation à vie, et il sera très difficile de prendre en compte les nouvelles données scientifiques démontrant leur dangerosité.

« Sans cette procédure de réexamen, des substances aujourd’hui interdites comme le chlorpyriphos (neurotoxique), le mancozèbe (perturbateur endocrinien et toxique pour la reproduction), le chlorothalonil (qui contamine massivement les eaux) ou le phosmet seraient toujours autorisées en Europe », alertent les signataires. Générations Futures a recensé au moins 23 substances non classées « candidates à la substitution » qui n’ont été interdites que grâce à ces réexamens depuis 2011.

Cette proposition va à l’encontre de plusieurs décisions de justice récentes, dont un arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris du 3 septembre 2025 qui pointe déjà le caractère lacunaire des évaluations actuelles des pesticides par les agences sanitaires.

Les signataires appellent à une mobilisation citoyenne massive et demandent à la Commission européenne de retirer immédiatement ce projet qui « ferait reculer l’Europe de plus de 30 ans en matière de protection de la santé et de l’environnement ».

Notes : Les citoyennes et citoyens qui le souhaitent peuvent également signer cette tribune en cliquant sur ce lien : https://shaketonpolitique.org/petitions/pesticides-omnibus/ Ils pourront ainsi être également tenus informés des actions à venir portées par nos ONG sur ce dossier.

Nous invitons également les internautes à interpeller les décideurs grâce à notre outil Shake ton politique en se rendant sur ce lien.

La conquête sans limite du géant Shein

Les associations de consommateurs comme la nôtre, en France et en Europe, dénoncent depuis de nombreuses années les dérives du modèle de l’ultra fast fashion qui pousse à consommer et à polluer toujours plus. Nous agissons au quotidien pour faire prendre conscience aux consommateurs des enjeux de la surconsommation, du jetable, du futile, de l’accessoire. L’information, l’éducation des consommateurs à une consommation éclairée, durable, responsable, c’est pour nous essentiel.

Ainsi, nous nous opposons fermement à l’ouverture par l’entreprise chinoise SHEIN d’une boutique physique en partenariat avec le BHV et nous dénonçons les dérives du modèle de l’ultra fast fashion incarné par cette enseigne.

Lire le communiqué de presse

 

« Rencontres de l’Adéic » sur l’eau potable : de riches échanges sur un enjeu majeur de consommation

Depuis plusieurs années, l’Adéic s’attache à informer les consommateurs sur la question de l’eau potable, sa qualité et son accès sur nos territoires. C’est donc tout naturellement que les premières « Rencontres », organisées à l’occasion de notre Assemblée Générale du 1er avril 2025, se sont portées sur le sujet. Nous avons ainsi convié des spécialistes de la question à Saint-Paul-lès-Dax, dans Les Landes (40), pour discuter des ressources en eau potable en France en 2025, et en explorer les enjeux économiques, sanitaires et écologiques.

 

          Quelques jours après la journée mondiale de l’eau, et alors que le sujet de l’eau potable anime régulièrement les plateaux télé et les émissions de radio, l’Adéic a consacré une table-ronde sur le sujet avec trois spécialistes : Jean-Michel Maïs, président du syndicat mixte des Rivières Côte Sud, Benoît Auguin, directeur adjoint du SYDEC, syndicat d’équipement des communes des Landes, et Régis Taisne, chef du département « cycle de l’eau » à la FNCCR (Fédération nationale des Collectivités Concédant Régie). L’objectif de cette table-ronde était de comprendre les problématiques de l’eau potable à l’aide notamment d’acteurs locaux, qui travaillent à la qualité de l’eau dans le département des Landes.

 

          La première partie de la rencontre a permis de dresser un état des lieux de l’eau potable sur tout le territoire, et plus particulièrement dans la région où nous tenions notre assemblée. Régis Taisne a présenté les critères utilisés pour évaluer l’eau en France, ainsi que les seuils « acceptables » pour la rendre potable. Il a également pointé du doigt l’aspect arbitraire de ces seuils, qui qui ne prennent pas en compte l’accumulation et le mélange de polluants persistants dont on ne connait pas les effets sanitaires. Au niveau local, Jean-Michel Maïs a partagé sa connaissance des milieux naturels en bord de rivière, pour expliquer comment certaines espèces invasives, favorisées par le changement climatique, étouffent les cours d’eau et gênent leur renouvellement. Enfin, Benoît Auguin a fait part de son expertise sur les captages d’eau potable dans les Landes, et a précisé comment ces points étaient entretenus et surveillés.

          Dans un deuxième temps, nous avons abordé le sujet de la consommation d’eau en bouteille. Julie Vanhille, secrétaire générale de l’ADEIC, a évoqué le désarroi des consommateurs. D’un côté, ils se méfient de l’eau du robinet leur préférant les bouteilles d’eau, pour des questions de goût, d’attractivité liée à la marque, ou de garantie sanitaire. De l’autre, le scandale récent sur l’eau de la source Perrier a semé le doute sur la qualité des eaux en bouteille. Nos intervenants ont rappelé que la firme Nestlé a utilisé des filtres non conformes à l’appellation « eau gazeuse naturelle, ce qui témoigne de la difficulté à garantir aujourd’hui une eau « naturelle », alors que les captages sont de plus en plus pollués.

Par ailleurs, Jean-Michel Maïs a rappelé le danger des packs d’eau exposés au soleil derrière une vitre, dans certaines épiceries ou supermarchés, ce qui accélère la dégradation des bouteilles et la libération de microplastiques.

          Enfin, les trois intervenants ont été sondés sur l’avenir de l’eau potable en France. Si le département des Landes dispose de captages fiables et d’une bonne gestion de l’eau potable, des régions avoisinantes souffrent de sécheresses répétées, ce qui nécessite l’utilisation de captages non conformes avec un processus de purification, pour assurer un accès à l’eau potable pour tous. Face au dérèglement climatique, nos invités ont fait part de leurs inquiétudes, mais également de solutions possibles, comme une limitation de l’agriculture intensive au profit d’une gestion plus économe de l’eau. En conclusion, la question du prix a été abordée : face à une augmentation inévitable du coût de l’eau, qui doit payer ? D’où doivent venir les fonds nécessaires au contrôle et à la purification de l’eau, alors même qu’elle doit être économisée, et donc « achetée » en de moins grandes quantités ?

 

          Les questions et remarques du public en présence, mais aussi en visioconférence, ont enrichi la rencontre et témoigné de l’intérêt suscité par ce sujet. Le discours inaugural du président d’honneur, Patrick Mercier, ainsi que la conclusion du président de l’Adéic, Patrice Bedouret, ont insisté sur l’importance d’éduquer et d’informer les consommateurs sur des sujets auxquels ils sont confrontés quotidiennement.

          Nous remercions les spécialistes qui se sont déplacés pour l’occasion, le public présent, le Brit Hôtel de St-Paul-lès-Dax, qui nous a accueilli, ainsi que l’équipe de l’Adéic qui a œuvré au bon déroulement de ces premières rencontres. Fort de cette expérience, l’Adéic vous donne rendez-vous pour d’autres Rencontres sur un nouveau sujet de consommation quotidienne !

Ateliers de sensibilisation à la consommation durable : une première expérience prometteuse !

Depuis novembre dernier, notre union l’ACLC (nouvelle appellation de l’ULCC depuis février 2025) travaille à la mise en place d’une série d’ateliers de sensibilisation à la consommation durable, auprès de publics de tous âges et dans plusieurs villes, dans le cadre d’un projet financé par la DGCCRF.  Après une série de colloques destinés à nos bénévoles, où nous avons traité de la consommation durable et plus spécifiquement du gaspillage alimentaire, de l’impact du numérique et du textile sur l’environnement, les premiers ateliers pour enfants et pour adultes ont été lancés, à Evry-Courouronnes et à Nantes. Retour sur ces premières journées d’échange.

L’objectif de l’ACLC est de suivre sur une série de 5 séances des groupes d’enfants, d’adolescents et d’adultes, que nous nous engageons à sensibiliser aux pratiques de consommation durable dans plusieurs domaines de la vie quotidienne.

Nous tenions à ce que ces ateliers soient accessibles à tous, en Île-de-France comme en régions, dans des quartiers de centre-ville comme en périphérie. Nos premières interventions se sont donc déroulées à la Maison de Quartier Gisèle Halimi, d’Evry-Courcouronnes, avec un public adulte et enfant issu de cette ville populaire.

Des ateliers pour enfants et adultes

Nous avons d’abord rencontré un groupe d’adultes et un groupe d’enfants, en présence d’une psychosociologue, afin de les écouter sur leurs habitudes de consommation et ce qu’ils et elles entendaient par « consommation durable ». Ces « focus-groupes » adaptés selon l’âge des publics, ont fait émerger des discussions intéressantes sur le tout-jetable, le gaspillage, la surconsommation, et les a priori que nous pouvons avoir, notamment sur les vêtements de seconde main. Sans vouloir donner des leçons, nous avons plutôt cherché à aiguiser la curiosité de ces publics sur les pratiques de consommation durable et les moyens d’y parvenir.

Pour notre deuxième intervention, des ateliers étaient proposés sur le gaspillage alimentaire. Les enfants ont participé à un quiz en équipes, et à un jeu sur la meilleure manière de conserver les aliments, tandis que le groupe d’adultes a réfléchi aux situations où s’effectuait le gaspillage, de l’achat à la préparation des repas. Ces ateliers coopératifs et ludiques ont permis aux participants d’associer la consommation durable à leur quotidien, l’idée étant qu’ils puissent ramener chez eux certaines questions et certains changements.

Un premier bilan enthousiasmant

Pour Flora Strodeur, animatrice de l’association Evolusciences, avec qui nous coopérons pour le groupe enfants, ces ateliers s’intègrent à un travail plus large de sensibilisation au développement durable. D’après elle « cet atelier est une expérience de collaboration très intéressante : l’ADEIC apporte des connaissances et des outils, nous apportons de la pédagogie autour du public enfant ». Elle précise que si les enfants avaient entendu parler de termes comme « consommation durable » ou « gaspillage alimentaire », ils « ne comprenaient pas toujours de quoi il s’agissait ou ce que cela impliquait ». L’atelier s’est alors efforcé de rendre ces enjeux plus accessible et d’« aborder les notions sous un angle que les enfants peuvent comprendre : par exemple, en les reliant à des expériences de leur quotidien ».

 

Nous sommes heureux de constater que les participants ont répondu avec enthousiasme à nos propositions d’ateliers, et espérons que les prochains rendez-vous susciteront autant de motivation et de réflexions. Des rencontres entre l’ACLC et d’autres groupes d’enfants, ados et adultes sont prévus à Nantes, à Lyon à Dijon et à Marseille. De quoi susciter, nous l’espérons, des envies de consommer plus durablement à travers tout le territoire !