De plus en plus de consommateurs regardent le Nutri-Score avant de choisir un produit au supermarché. Certains font la chasse aux A et aux B, facilement repérables à leurs couleurs vert foncé et vert clair. D’autres s’en méfient : ils pensent qu’il est influencé par les industriels ou qu’il ne vaut rien parce qu’il ne tient compte ni des pesticides ni des additifs.
Les réseaux sociaux entretiennent aussi certaines idées fausses. Non, un produit classé C ou D n’est pas pour autant toxique ou dangereux. Et si des frites surgelées peuvent obtenir un bon score, c’est parce que le Nutri-Score évalue le produit tel qu’il est vendu. L’huile, le sel ou les sauces ajoutés au moment de la préparation peuvent ensuite changer la qualité nutritionnelle du plat.
Face à ces confusions, l’Adéic a décidé de faire le point : que mesure réellement le Nutri-Score ? Comment bien l’utiliser ? Et quelles sont ses limites ?
Qu’est-ce que le Nutri-Score ?
Le Nutri-Score a été créé à la demande du ministère de la Santé. Il a été adopté en France en 2017, à partir des travaux de l’équipe du professeur Serge Hercberg et des expertises de l’Anses et du Haut Conseil de la santé publique. Contrairement à ce que prétendent certaines rumeurs, il n’a donc pas été conçu par les lobbies de l’industrie agroalimentaire.
Son objectif est simple : permettre aux consommateurs de repérer rapidement la qualité nutritionnelle d’un produit. Placé à l’avant de l’emballage, le logo associe cinq lettres à cinq couleurs. Le classement va de A, en vert foncé, pour les produits les plus favorables sur le plan nutritionnel, à E, en orange foncé, pour les moins favorables.
Le calcul est effectué pour 100 g ou 100 ml. Il tient compte des éléments à favoriser, comme les fibres, les protéines, les fruits, les légumes et les légumes secs, mais aussi de ceux qu’il vaut mieux limiter, comme les calories, les sucres, le sel et les acides gras saturés.
Le Nutri-Score donne donc un repère global. Pour obtenir des informations plus précises, il faut aussi consulter le tableau nutritionnel et la liste des ingrédients.
La méthode de calcul a évolué en 2025 pour mieux tenir compte des connaissances scientifiques et des recommandations alimentaires. Elle différencie notamment davantage les produits selon leur teneur en sucre et en sel. Les édulcorants sont désormais pris en compte dans certaines boissons.
Comment bien l’utiliser ?
Pour répondre à cette question, nous avons consulté la brochure publiée par Santé publique France. Celle-ci donne plusieurs conseils simples.
Tout d’abord, le Nutri-Score ne doit pas être utilisé seul. Lorsque cela est possible, il est préférable de cuisiner des plats faits maison à partir d’aliments bruts. Il faut aussi tenir compte de la préparation : l’ajout d’huile, de sel ou de sauce peut modifier la qualité nutritionnelle du plat. Pour les produits transformés, le Nutri-Score permet toutefois de repérer rapidement les choix les plus favorables.
Il faut ensuite interpréter la note selon le type de produit. Il est inutile de chercher une huile classée A, puisque B est le meilleur score possible pour une huile. Parmi les boissons, seule l’eau peut obtenir un A. La volaille est, quant à elle, généralement mieux classée que la viande rouge et la charcuterie.
L’objectif n’est donc pas de remplir son panier uniquement avec des produits A ou B. Les aliments classés D ou E peuvent trouver leur place dans une alimentation équilibrée, s’ils sont consommés moins souvent et en quantité raisonnable.
Enfin, le Nutri-Score sert surtout à comparer des produits de même catégorie ou consommés à la même occasion. Des lasagnes à la bolognaise, par exemple, peuvent obtenir des notes très différentes selon les marques. Pour le dessert, on peut aussi comparer un yaourt aux fruits et une crème caramel. Le produit le moins bien noté n’est pas interdit : le logo aide simplement à faire son choix en connaissance de cause.
Quelles sont ses limites ?
Le Nutri-Score évalue uniquement la qualité nutritionnelle. Il ne dit pas si un produit contient des pesticides ou des additifs, s’il est très transformé, s’il est biologique, d’où il vient, ni quel est son impact sur l’environnement. Pour obtenir ces informations, il faut regarder la liste des ingrédients, les labels et les autres indications présentes sur l’emballage.
Une mauvaise note ne signifie pas non plus qu’un aliment est dangereux. Le beurre ou le fromage, par exemple, sont pénalisés par leur teneur en graisses saturées ou en sel. Ils peuvent néanmoins être consommés en quantité raisonnable dans le cadre d’une alimentation équilibrée.
Une recette peut obtenir un meilleur score après l’ajout de fibres ou la réduction du sucre, du sel ou des graisses saturées. Certaines de ces modifications sont bénéfiques. Mais elles peuvent aussi servir une stratégie commerciale : décrocher un A ou un B plus attractif sur l’emballage. Un industriel peut donc améliorer la note de son produit sans le rendre moins transformé, sans supprimer certains additifs et sans agir sur son impact environnemental. La meilleure lettre ne garantit pas la meilleure qualité globale.
Enfin, L’affichage du Nutri-Score reste facultatif puisque le logo n’est pas obligatoire. Les fabricants peuvent l’utiliser gratuitement, après s’être enregistrés, mais certains refusent toujours de le faire. Pour les marques qui vendent des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, une mauvaise note peut en effet devenir un repoussoir. Ne pas afficher le logo permet alors d’éviter que cette information saute immédiatement aux yeux du consommateur. Ce refus est légal, mais il limite la transparence et rend les comparaisons plus difficiles dans les rayons. Attention cependant, l’absence de Nutri-Score ne permet pas de conclure qu’un produit est de bonne ou de mauvaise qualité nutritionnelle.
Un repère utile, à condition de bien le comprendre
Le Nutri-Score n’est ni un label de qualité générale ni un jugement définitif sur un aliment. C’est un repère simple pour comparer, en un coup d’œil, la qualité nutritionnelle de produits similaires.
Pour choisir en connaissance de cause, il faut aussi regarder la liste des ingrédients, le tableau nutritionnel et la place du produit dans l’ensemble de son alimentation. Et vous, regardez-vous le Nutri-Score lorsque vous faites vos courses ?
Pour en savoir plus
À lire : https://www.santepubliquefrance.fr/nutrition-et-activite-physique/nutri-score