Suppression de l’Agence Bio : un recul pour la santé et l’information des consommateurs
A L’ADEIC, nous nous engageons pour l’éducation à l’alimentation et nous revendiquons un accès à une information fiable en matière de sécurité sanitaire. C’est la raison pour laquelle nous alertons aujourd’hui les consommateurs sur les conséquences graves que représenterait la suppression de l’Agence Bio.
À plusieurs reprises, cette agence essentielle a été menacée de disparition, notamment lors de l’adoption de la loi de finances en janvier 2025, ainsi que dans le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les agences de l’État, où sa suppression figure parmi les propositions. (Rappelons en passant qu’un tiers de ces agences sont ciblées par Bercy) Ces orientations apparaissent en totale contradiction avec les recommandations de la Cour des comptes en 2022, qui appelait au contraire à renforcer son rôle et ses moyens.
Elles contredisent également les engagements publics pris dans le cadre du Plan Ambition Bio 2027, qui fixait des objectifs ambitieux : atteindre 18 % de surfaces agricoles en bio et introduire 20 % de produits biologiques dans la restauration collective. Or, ces objectifs sont déjà fragilisés, la France ayant enregistré un recul de 2 % des surfaces dédiées au bio entre 2023 et 2024. Dans ce contexte, affaiblir davantage les outils de structuration et de promotion du secteur apparaît incohérent et contre-productif.
La réduction progressive des moyens alloués à l’Agence Bio — baisse de 5 millions d’euros de son budget de communication et diminution de 10 millions d’euros du fonds Avenir Bio — témoigne d’un désengagement préoccupant. Comme l’a rappelé la Fédération nationale d’agriculture biologique dans une tribune : « Supprimer l’Agence Bio, c’est renier les engagements de la France pour la qualité de l’eau, pour la santé des Françaises et des Français, et pour le respect de l’environnement et du vivant. »
Pour l’ADEIC, cette évolution est en contradiction directe avec les valeurs qu’elle défend au quotidien : une consommation éclairée, durable et responsable, fondée sur la transparence, la qualité des produits et la préservation des ressources naturelles. L’Agence Bio joue précisément un rôle structurant dans l’information des consommateurs, l’accompagnement des filières et la garantie de pratiques respectueuses de l’environnement et de la santé publique.
Au-delà, cette remise en cause entre également en tension avec les principes portés par la SNANC, qui promeut une alimentation saine, accessible à tous, respectueuse des écosystèmes et ancrée dans une logique de prévention sanitaire. Supprimer un outil public central dans la structuration du secteur biologique revient à fragiliser l’ensemble de ces objectifs.
L’ADEIC appelle donc à reconsidérer cette décision. La disparition de l’Agence Bio aurait des conséquences durables et délétères sur la qualité de nos sols, de notre eau, sur la biodiversité, mais aussi sur la santé des consommateurs. Elle constituerait un recul majeur dans la construction d’un modèle alimentaire plus soutenable et plus protecteur.
Si le sujet vous intéresse, nous vous invitons à lire également cet article d’Alimenterre :