Les clauses illicites ou abusives dans les contrats de fournisseurs de gaz naturel ou d’électricité

Le contexte de la guerre en Ukraine a fortement impacté la consommation énergétique des français. Cette situation conflictuelle au sein de l’Europe a eu des conséquences, l’une étant la hausse des coûts énergétiques.

La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) a mené l’enquête :

https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/laction-de-la-dgccrf/les-enquetes/deux-fournisseurs-delectricite-et-de-gaz-naturel-controles

Celle-ci a révélé qu’au cours de l’année 2022, les fournisseurs avaient procédé à une révision des conditions générales de ventes (CGV) de leurs contrats. Les agents de la DGCCRF se sont donc intéressés aux clauses contractuelles, aux relations précontractuelles ainsi qu’à la résiliation des contrats de consommateurs avec les fournisseurs.

Étaient insérés dans ces contrats des clauses dites illicites (clauses prohibées par la loi, qui créent un déséquilibre entre les droits et obligations des parties au contrat) et abusives (clauses ayant pour effet un déséquilibre significatif des droits et obligations du consommateur) qui trompaient le consommateur. Selon la DGCCRF, ces fournisseurs omettaient de prévenir les consommateurs en cas de modification des prix, n’informaient pas du prix des kWh des contrats ou encore, restreignaient les moyens de paiement de leurs clients.

À travers ces contrats illicites et abusifs, les fournisseurs exploitaient le manque d’information des clients pour justifier leurs pratiques abusives. Certains contrats de fournisseurs allaient jusqu’à refuser aux consommateurs tout délai de paiement supplémentaire.

L’ensemble de ces pratiques préjudiciables pour les consommateurs entraînait des interruptions de fourniture d’énergie en pleine trêve hivernale. À cet égard, le fournisseur Primagaz a fait l’objet de nombreuses plaintes de la part de ses clients et a été impliqué dans plusieurs procédures de dédommagement.

Au terme de cette enquête, la DGCCRF a sanctionné les fournisseurs concernés. Ils ont reçu une amende de 20 000 euros. Par ce biais, la Direction générale met en garde contre les manquements des entreprises en matière de droit à la résiliation, ainsi que contre l’insertion de clauses abusives et illicites dans les contrats de fourniture d’énergie.

Afin  d’informer les consommateurs sur ces pratiques, de leur permettre de les dénoncer, de les renseigner sur leurs droits, de nombreux sites gouvernementaux existent. Nous pouvons notamment citer Signal Conso.

Le Médiateur national de l’énergie peut également être saisi par les particuliers dans un délai de 2 mois/1an après l’envoi d’une première réclamation écrite. Cette autorité est chargée de trouver des solutions amiables aux litiges avec les entreprises du secteur de l’énergie.

Il est important de rappeler que les différents forums présents sur les réseaux sociaux sont d’excellents moyens pour les consommateurs de se tenir informés. Certaines situations évoquées peuvent en effet les concerner.

Enfin, si vous êtes victimes de ces clauses illicites ou abusives insérées par votre fournisseur d’énergie dans votre contrat de gaz ou d’électricité, vous pouvez vous tourner vers les associations de défense des consommateurs. A l’Adéic, nos juristes sont justement là pour vous aider dans vos démarches et faire en sorte qu’une solution soit trouvée.

Matinale « Les 10 ans de la médiation de la consommation : atouts, freins et nouveaux défis »

Le 6 mars, la DGCCRF a organisé une Matinale portant sur les 10 ans de la médiation de la consommation. https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/actualites-dgccrf/matinale-les-10-ans-de-la-mediation-de-la-consommation-atouts-freins-et-nouveaux-defis

Pour voir la Matinale dans son intégralité : cliquez ici : https://www.youtube.com/watch?v=GLjkiW9gtZA  

Julie Vanhille, la Secrétaire générale de l’ACLC et de l’Adéic, a participé à la première table ronde dont la problématique était la suivante :

Quel bilan à l’occasion des 10 ans de la médiation de la consommation ?

Cette première table ronde, animée par Bruno Deffains, professeur en sciences économiques à l’Université de Paris II Panthéon-Assas, avait pour objet de « dresser un bilan objectivé et opérationnel du dispositif après dix ans d’existence, en évaluant son effectivité réelle, son efficacité pratique et sa capacité à jouer un rôle de régulation des litiges de masse ». D’autres personnes étaient également invitées :

  • Pierre Bocquet, Directeur « Banque de détail » à la Fédération bancaire française (FBF)
  • Frédérique Feriaud, Directrice générale des services du Médiateur national de l’énergie
  • Marc El Nouchi, Président de la Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC), Conseiller d’État

Après un focus fait par Jean-Christophe Marchal, Chef du bureau – Mouvement consumériste et médiation de la consommation, DGCCRF, sur les grandes lignes de la directive (UE) 2025/2647 du 16 décembre 2025 modifiant la directive (UE) 2013/11, une deuxième table ronde a eu lieu animée par Sabine Bernheim-Desvaux, professeure en droit à l’Université d’Angers. La problématique était la suivante :  

Quel avenir pour la médiation de la consommation dans le contexte de révision de la directive de 2013 ? 

Cette table ronde proposait « d’identifier, dans la révision modifiée, les leviers d’amélioration du dispositif à la lumière des constats empiriques, des évolutions normatives européennes et des attentes des acteurs économiques. Étaient présents :

  • Frédéric Billon, Délégué général de la Fédération de la vente directe (FVD)
  • Jacques Cosnefroy, Médiateur de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD)
  • Bianca Schulz, Responsable du Centre européen des consommateurs France (CEC)

Photo: Julie Vahnille sur You tube (capture d’écran)

L’importance de lire l’étiquette avant d’acheter un vêtement

L’Adéic a pour mission l’information des consommateurs afin de leur permettre de faire des choix éclairés et responsables en matière de consommation. Nous souhaitons les aider à comprendre les conséquences de leurs choix.

Au quotidien, notre association s’engage pour défendre ses idées et ses valeurs et les partager avec le plus grand nombre. Nous avons ainsi organisé l’an dernier des ateliers de sensibilisation à une consommation durable et responsable auprès de différents publics pour lutter contre le gaspillage alimentaire, la surconsommation du textile et pour promouvoir un usage plus sobre du numérique.

https://www.adeic.fr/sensibilisation-et-accessibilite-a-la-consommation-durable-le-rapport-de-laclc/

Nous avons aussi cosigné un communiqué de presse contre l’ultra-fastfashion avec d’autres associations de consommateurs

https://www.adeic.fr/la-conquete-sans-limite-du-geant-shein/

Aujourd’hui, notre objectif est de vous guider dans vos achats en vous proposant un petit guide pratique des éléments/labels auquel vous reporter. Il est en effet possible que les nombreux scandales récents concernant Shein (conditions de fabrication, toxicité des tissus pour la peau, pollution) vous aient incité à vous tourner vers d’autres enseignes mais que vous ne sachiez pas comment choisir vos vêtements pour être sûrs qu’ils soient produits de manière plus éthique, plus durable et en respectant les normes sanitaires.

L’Adéic vous éclaire :

  • Concernant la sûreté du vêtement : Le label STANDARD 100 par OEKO TEX atteste de l’absence de substances chimiques nocives pour l’Homme et pour la planète.
  • Concernant l’éco-conception du produit : le label Global Recycled Standard certifie que le produit a été conçu à partir de matériaux recyclés mais respecte aussi des exigences environnementales et sociales.

  • Concernant l’éthique des conditions de fabrication : un vêtement fabriqué dans un pays européen garantit une conformité au droit du travail européen et donc le respect des minimas sociaux. En Asie, les conditions de fabrication pour les travailleurs sont souvent dégradées. Il existe toutefois des usines respectueuses de ses salariés. Elles sont certifiées par des labels comme FAIRTRADE, FAIR WEAR Foundation (s’appuie sur les standards de l’organisation internationale du travail), SA 8000, GOTS, WFTO. Si vous souhaitez vous assurez que la personne qui a fabriqué votre vêtement a été payée décemment, qu’elle n’est pas un enfant et/ou n’a pas été forcée de travailler, le plus sûr est d’acheter un vêtement fabriqué dans l’Union européenne ou de chercher l’un de ces labels sur les étiquettes.
  • Label rassemblant tous les critères : -le label GOTS (global organic textile standard) certifie une matière biologique à 95% minimum (donc sans pesticide pouvant contenir des perturbateurs endocriniens) et le respect d’exigences sociales (interdiction du travail des enfants et du travail forcé) et environnementales (interdiction de certains intrants dangereux).

-Le label bluesign interdit les substances toxiques pour l’Homme et l’environnement et pose aussi des règles en matière d’optimisation des ressources, de transparence et de traçabilité.

A l’ADEIC, nous revendiquons la transparence des conditions de fabrication, la production raisonnée, la sécurité pour l’acheteur des vêtements, mais aussi pour les travailleurs du textile. Nous pensons que cette transparence devrait également s’appliquer aux produits commandés en ligne et à ceux promus par les influenceurs.

Si vous souhaitez plus d’informations sur les labels textiles, n’hésitez pas à consulter le blog de WeDressFair. https://www.wedressfair.fr/blog/3-etapes-pour-reconnaitre-un-vetement-eco-responsable?oc=nav (bien que WeDressFair soit un site marchand, sa partie « information » est très détaillée et c’est cette partie que nous vous invitons à lire).

 

Les Rencontres de l’Adéic- le logement social en tension : politiques publiques, défense des locataires… Les enjeux en 2026

Image: Pixabay Eu-Eugen

Mercredi 18 mars 2026 aura lieu la 2 -ème édition des « Rencontres de l’Adéic » à Tours, sur le thème du logement social. Avec nos intervenants, nous échangerons et réfléchirons sur les enjeux nationaux et territoriaux du logement social et sur les leviers d’action disponibles pour améliorer durablement les relations locatives avec les bailleurs publics.

Lettre ouverte des associations engagées contre le surendettement des consommateurs

Notre association l,’Adéic, au sein de l’ACLC,  signe avec d’autres associations consuméristes, associations de lutte contre la pauvreté et associations familiales,  un communiqué de presse appelant « le Gouvernement à agir avec responsabilité sur deux dispositions clés de la Directive européenne des contrats de crédits aux consommateurs (CCD2): la mise en œuvre des services de conseil aux personnes endettées et les conditions d’octroi des découverts bancaires autorisés. »

Image: Pixabay Géralt

Logement : trop rare et trop cher !

Dans un contexte de raréfaction de l’offre de logement neuf et ancien et de pénurie de foncier, la spirale inflationniste du prix de l’habitat impacte la vie quotidienne d’une écrasante majorité de Français, en particulier les locataires.

Avec un poids du logement dans les dépenses d’un ménage de près de 30 %, voire de 40 % pour les personnes au SMIC, la réduction du reste à vivre est devenue une réalité avec des conséquences sur la consommation.

Il oblige à des arbitrages difficiles, par exemple en matière d’alimentation. De nombreuses études montrent en effet le recours à des produits meilleur marché, mais mauvais pour la santé.

Par ailleurs, à quelques jours des élections municipales, comment ne pas s’inquiéter de la ségrégation sociale encouragée par le non-respect de la loi SRU ?

Inégalités, montée du communautarisme, développement de l’économie parallèle, les conséquences sont lourdes pour le pacte républicain dans certains territoires.

Enfin, face à l’ampleur des effets du changement climatique, la gestion erratique des aides comme « MaPrimRénov’», la timidité des politiques publiques en matière de rénovation énergétique posent question.

Face à cette situation, l’ADÉIC, partage avec d’autres organisations de la société civile, des revendications globales et légitimes en faveur du droit à un logement de qualité et accessible pour tous.

Elle déplore la baisse continue des aides pour le logement social et pour l’accession à la propriété.

Sur ce dossier du logement, l’ADÉIC a choisi depuis quelques années de concentrer son action sur la défense et l’accompagnement des locataires du logement social. Notre association est actuellement pleinement mobilisée pour les élections des représentants des locataires auprès des bailleurs sociaux.

Nous aurons l’occasion de mieux vous faire connaître cette action, lors de la prochaine édition des « Rencontres de l’ADÉIC » le mercredi 18 mars prochain à Tours et à distance. (voir information ci-dessous) où nous aurons, j’espère le plaisir de vous retrouver.

Image: Pixabay Hans

Patrice Bédouret, Président de l’ADÉIC

 

 

 

 

 

La SNANC enfin publiée !

En septembre 2025, l’Adéic aux côtés de 116 autres associations écrivaient une lettre ouverte au premier ministre Sébastien Lecornu pour que la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat soit publiée urgemment, après deux ans d’attente. Les signataires réclamaient une version de la SNANC dont le texte ne serait pas dénaturé par des concessions inadmissibles et dans laquelle leurs demandes prioritaires seraient respectées, à savoir, interdire la publicité et le marketing pour les produits trop gras, trop sucrés et trop salés notamment lorsqu’ils ciblent des enfants, fixer une trajectoire chiffrée de « moins et mieux » de produits animaux d’ici 2030 incluant la réduction de la consommation de viande ; nommer un ou une déléguée interministérielle chargée de la mise en œuvre et du suivi de la SNANC.

La SNANC n’a malheureusement pas été publiée.

Fin novembre, les milieux associatifs se réjouissaient car le bruit circulait qu’enfin, le grand jour était arrivé mais une fois encore, cette publication fut bloquée.

Hier, mercredi 11 février 2026, ce fut enfin le cas. La SNANC est en ligne !

A l’Adéic, nous sommes satisfaits car elle assume une transformation du système alimentaire, articulée autour de la santé publique, la transition climatique, la préservation de la biodiversité, la justice sociale, et la souveraineté alimentaire.

Bien que le texte ait été « dénaturé » par rapport à la version originale, cette publication va dans le sens de ce que nous défendons pour les consommateurs.

Nous ne pouvons néanmoins manquer de nous interroger sur les ambiguïtés observées du côté du gouvernement. D’un côté, il publie la SNANC et de l’autre, il prévoit une nouvelle loi d’urgence agricole visant à raboter davantage encore les normes environnementales et sanitaires, et menacer notre santé et celles des écosystèmes. Par ailleurs, le sénateur de la Haute-Loire Laurent Duplomb, revient avec une nouvelle proposition de loi (PPL) visant le retour de deux insecticides, l’acétamipride et le flupyradifurone. Certes, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a assuré que la nouvelle proposition ne serait pas intégrée au projet de loi d’urgence mais le fait que cette proposition de loi ait été faite peu de temps avant le débat symbolique ayant eu lieu mercredi 11 février au Palais-Bourbon sur la « loi Duplomb » semble à certains bien provocateur.