Après le cheval de réforme qui se transforme par miracle en viande de boeuf  dans les méandres complexes des transactions de  l’industrie agro-alimentaire européenne, ce qui permet aux intermédiaires indélicats de rafler au passage plusieurs centaines de milliers d’euros, après les scandales du lait Lactalis et de la salmonellose, du boeuf polonais avarié, des abattoirs aux conditions de travail et de prise en charge des animaux archaïques, tout à fait inacceptables, on pourrait évoquer aussi l’absence totale de transparence des étiquetages sur les modes d’abattage, les OGM et les additifs alimentaires.

La récente loi sur l’alimentation prévoit que le consommateur paie désormais plus cher ses aliments pour que le producteur puisse vivre enfin de son travail, à vérifier évidemment sur le terrain !!!!

On peut en effet légitimement en douter car le gouvernement ne veut pas toucher visiblement à l’architecture logistique existante et aux nombreux intermédiaires qui prélèvent leur pourcentage à chaque étape de la distribution, de plus les méthodes de la grande distribution s’avèrent, chacun le sait, particulièrement agressives vis à vis de leurs fournisseurs. Il est fort peu probable que cela change à la faveur de cette nouvelle loi.

Ajoutons à cela les divers herbicides et fongicides dangereux, toujours en vente et présents aujourd’hui en quantité inquiétante dans les productions de fruits et légumes (le glyphosate notamment), les engrais cancérigènes utilisés malgré les risques identifiés, la pollution de l’eau constatée dans de nombreux territoires, les insectes, les abeilles et les oiseaux qui disparaissent à une vitesse inégalée partout en France….Tout va très bien, madame la marquise,…tout va très bien dans le meilleur des mondes !!!  Compte tenu des évolutions observées, si rien n’est fait au cours des prochaines années, qu’allons nous laisser demain en héritage à nos enfants et petits enfants ? (déjà contaminés, des études le montrent, par de nombreux produits chimiques)

Les consommateurs en ont assez d’être la vache à lait et la cible récurrente des dérives de la consommation.

Dans un contexte budgétaire contraint, les subventions aux associations sont toujours en baisses, au fil des années, mais il faut d’après l’Etat rester indépendant. Surtout pas de conflits d’intérêts avec des partenariats « douteux », y compris avec des fédérations interprofessionnelles nationales désireuses d’évoluer, alors qu’en parallèle, dans le même temps, certaines organisations connues dans le domaine de la consommation n’hésitent pas à faire ouvertement du Business ! (publications diverses payantes, maison d’édition, groupement d’achats, etc..)

Comment faire face aujourd’hui à des dossiers toujours plus nombreux et plus complexes avec des équipes de juristes compétents ?  Comment aussi les payer de façon décente, en fonction de leurs qualifications reconnues ?

Et pourtant, l’Adeic continue à assumer ses responsabilités et, dans un souci d’efficacité, elle souhaite constituer une Union Laïque des Consommateurs avec l’Association Léo Lagrange consommation et le CNAFAL, qui partagent depuis toujours nos valeurs. Cela nous permettra d’être encore plus présent sur le territoire national, de concentrer nos forces et nos militants pour mieux accompagner les consommateurs dans la jungle des contentieux et des réglementations en permanente évolution.
Que cette embellie conforte notre avenir, toujours au service des consommateurs et des citoyens les plus fragiles, dans une société aux horizons quelque peu incertains. »

P. MERCIER