LE MONDE CONNECTE

ACCES INTERNET : VRAI OU FAUSSE FIBRE OPTIQUE

A ce jour les principales technologies qui permettent de recevoir Internet à domicile sont :

  • l’ADSL, de loin la plus répandue
  • le câble
  • la fibre optique

L’ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line), en français « ligne d’abonné numérique asymétrique », est la plus répandue. Mais avec l’évolution, les nouveaux chantiers, bâtiments, locaux et habitations qui se construisent, il arrive de plus en plus qu’un problème de raccordement ait lieu et perturbe la bonne connexion de l’abonné. Assez rapide dans le sens web – abonné, il reste très lent dans l’autre sens. La distribution chez l’abonné se fait par la paire cuivre (ligne téléphonique classique)

Le câble qui devait remplacer la télévision hertzienne. C’est le bon vieux câble coaxial qui reste d’actualité. Il constitue même une alternative intéressante à l’ADSL car moins sujet aux perturbations. Bien plus rapide que l’ADSL dans les deux sens web abonné. Les câblo-opérateurs utilisent de la fibre pour relier des points de distribution de quartier, mais ensuite la distribution chez l’abonné utilise le câble coaxial

La fibre optique, fil de verre ou de plastique, plus fin qu’un cheveu, par lequel transitent de très grandes quantités d’informations en un temps record et de manière symétrique.  La distribution est alors en fibre optique de bout en bout jusqu’à la « box » chez l’abonné.

Une confusion a alors été entretenue par le câblo-opérateur Numéricâble et SFR (désormais Numéricable), d’autant plus facile que le câble est souvent omni présent, plus facile et plus rapide à installer et permet une augmentation substantielle de la qualité de service et du débit, par rapport à l’ADSL.

Malheureusement les performances annoncées pour le Câble/Fibre est bien en deçà de celle de la fibre. Le consommateur est donc trompé. Saisi de cela par de nombreuses plaintes, dont celle des opérateurs utilisant de la Fibre de bout en bout, l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Et des Postes) a tout d’abord confirmé la différence de qualité dans son observatoire de la qualité du service d’accès à internet fixe au 2ème semestre 2015 (< cliquez)

Suite à cette publication, L’ARCEP a publié son avis, rendu le 3 décembre dernier, dans lequel il explique qu’il est important de différencier les différents types de fibre.

« Il est en effet observé que la communication commerciale des opérateurs sur les offres d’accès à très haut débit est aujourd’hui fortement axée sur le terme « fibre ». L’Autorité constate à cet égard que ce terme, qui désigne la nature du support physique de tout ou partie de la ligne, est utilisé dans la communication des opérateurs pour qualifier des offres reposant sur des technologies et architectures de réseau distinctes : d’une part, les réseaux FTTH, sur lesquels la fibre optique est déployée de bout en bout, c’est-à-dire jusqu’à l’intérieur du logement, et, d’autre part, les réseaux câblés (notamment les réseaux FttLA – Fiber to the Last Amplifier ou FttB – Fiber to the Building), sur lesquels un câble coaxial en cuivre est utilisé sur les dernières centaines ou dizaines de mètres jusqu’à l’intérieur du logement ».

 

Afin de mettre fin à la confusion entre fibre et câble ! Le gouvernement a tranché (JO du 25/3/16) (< cliquez).

Depuis le 1er juin, les publicités des opérateurs devront faire clairement le distinguo entre la « vraie » fibre et la « fausse ». L’utilisation du mot « fibre » (qui désigne le très haut débit dans le langage commun) doit désormais répondre à des exigences précises, notamment un raccordement en fibre optique de bout en bout, jusqu’à l’intérieur du logement. Seul le FITH (« fiber to the home », ou « fibre jusqu’au logement »), déployé par Orange et Free, a donc droit à l’appellation « fibre » et pas le FTTB (« fiber to the building », ou « fibre jusqu’à l’immeuble »), développé par SFR et Numericable, qui permet de tirer la fibre optique jusqu’au bas de l’immeuble, le raccordement étant ensuite réalisé dans les étages avec un câble coaxial.

Numericable-SFR, grand perdant dans cette affaire, a cependant fait savoir qu’il entendait exercer un recours contre cet arrêté.

Par devoir d’impartialité nous ne pouvons préconiser un opérateur plutôt qu’un autre. Cependant dans tous les cas, nous considérons qu’un consommateur éclairé pourra choisir en connaissance de cause.

Robert MONTORI