Avec la crise, un nouveau modèle de consommation commence à faire son apparition en France : la location d’électroménager et de matériel électronique.

Bien sûr il était déjà possible de louer, via Internet, un frigidaire, une crêpière, une bouilloire ou une friteuse à la journée. Mais cela relevait de la location occasionnelle, tant les prix étaient dissuasifs.

Aujourd’hui, la problématique est totalement différente car de grandes enseignes comme les magasins Intermarché, Boulanger ou encore la Fnac et les magasins Leclerc y viennent petit à petit.

La philosophie en est simple : plutôt que d’acheter un matériel dont on devient propriétaire, on achète un usage, une fonction. Ainsi va-t-on pouvoir acheter l’usage d’un lave-linge, d’une télévision, moyennant un « loyer » mensuel.

Ces contrats offrent pendant 18 mois à 5 ans l’usage d’un appareil électroménager contre un loyer mensuel, avec la garantie en cas de panne d’une réparation rapide ou d’un remplacement. A titre d’exemple, un réfrigérateur de la marque Electrolux d’une valeur de 500 euros se loue à partir de 16 euros par mois si l’on s’engage sur 5 ans.

On pourra aussi le racheter en fin de contrat à sa valeur résiduelle ou le remplacer par un appareil de nouvelle génération.

Ce nouveau modèle de consommation est une première réponse au thème de l’obsolescence programmée des produits qui a scandalisé l’opinion publique il y a quelques mois. Cela devrait inciter les professionnels à fabriquer des produits plus solides et donc plus durables. En ce sens, c’est déjà une très bonne nouvelle pour les consommateurs. Si le matériel « loué » est de mauvaise qualité, aucun magasin ne voudra le distribuer. Le matériel devra donc évoluer qualitativement. Les distributeurs ont quant à eux tout intérêt à promouvoir ce type d’offres, sans doute moins rentables à court terme, mais qui devraient leur permettre, à long terme, de fidéliser davantage les clients que la vente traditionnelle.

Par ailleurs, ce nouveau mode de consommation est aussi un moyen pour les distributeurs de renouer le lien commercial avec les ménages qui ont des difficultés financières et qui ne peuvent pas toujours prétendre à un crédit consommation. Encore faut-il que le coût global d’utilisation soit bien inférieur à celui de la location.

Mais ce nouveau mode de consommation va bien au-delà de ces simples intérêts financiers ou écologiques qui sont pourtant de toute première importance. Il nous invite à un nouveau rapport aux objets et plus généralement à la propriété. Ne pas être propriétaire d’un bien, c’est aussi ne pas en être dépendant. C’est donc une nouvelle conception de la société de consommation qui pourrait voir le jour si ces offres se généralisaient. Une société où, à long terme, l’utile, le nécessaire et le durable supplanteraient le futile et la frénésie de consommer. Le mouvement vers cette société est maintenant lancé et son extension ne dépend que de la demande.

 

 

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